Salon du livre de Montréal - Écrire à quatre mains

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Caroline Montpetit
Édition du lundi 19 novembre 2007

Mots clés : Mary Higgins Clark, Salon du livre de Montréal, Culture, Livre, Québec (province)

Mary Higgins Clark et sa fille Carol lancent La Croisière de Noël

Volubiles, pleines d'énergie, Carol et Mary Higgins Clark s'apprêtaient à affronter avec le sourire une séance de deux heures de signatures de livres.

Photo: Pedro Ruiz

À six ans, elle savait déjà qu'elle allait être écrivain, et même qu'elle allait être un écrivain à succès. Aujourd'hui, à 78 ans, Mary Higgins Clark a vendu quelque 35 millions de livres, a transmis sa passion à sa fille Carol, et continue d'écrire environ un livre par année. Les deux femmes, Mary et Carol, étaient d'ailleurs au Salon du livre de Montréal ce week-end, pour rencontrer des lecteurs, des journalistes et signer des livres. Volubiles, pleines d'énergie, elles s'apprêtaient à affronter avec le sourire une séance de deux heures de signatures de livres, après une tournée d'entrevues.

En fait, si le destin l'avait voulu, Mary Higgins Clark aurait fait surtout des romans historiques, puisque son premier livre (elle avait publié auparavant des nouvelles dans des revues) était une biographie de George Washington, qui est par ailleurs rééditée cette année.

«Mon premier roman ne m'avait rapporté que 1500 $, alors qu'il m'avait pris trois ans de travail!», se souvient-elle. Veuve dans la trentaine, elle avait cinq enfants à envoyer au collège et à l'université. Elle se tourne vers le suspense, qui est aussi pour elle une passion.

Si la publication de romans lui est venue tardivement, c'est avec des nouvelles que Mary Higgins Clark a débuté dans le métier. Elle était enceinte de Carol lorsqu'elle a publié la première d'entre elles, après avoir procédé, sans succès, à une quarantaine d'envois dans différentes publications. La nouvelle s'appelait The Stowaway, raconte-t-elle, et s'inspirait des années où elle avait travaillé comme hôtesse de l'air, sur les derniers vols desservant la Tchécoslovaquie durant la guerre froide. Elle mettait précisément en scène une héroïne surnommée Carol.

«Quand j'avais étudié la création littéraire, dit-elle, mon professeur m'avait dit de partir de situations que j'avais vécues, et de poser la question "et s'il était arrivé ceci ou cela...".»

Si la mère a un faible pour les histoires terrifiantes et exploite volontiers les sentiments de peur chez son lecteur, la fille, elle, est mieux connue pour son sens de l'humour. Lorsqu'elles écrivent ensemble, les deux femmes travaillent côte à côte, dans la même pièce. Le personnage principal de Carol Higgins Clark, est d'ailleurs une enquêteuse dont la mère est auteur de romans policiers. Dans un livre qu'elles ont signé à quatre mains, et qui s'intitule La Croisière de Noël, publié en français chez Albin Michel, mère et fille ont intégré leurs héroïnes respectives, Alvira Meehan, l'héroïne de Mary, une femme de ménage devenue millionnaire en gagnant à la loterie, et Regan Reilley.

Le Salon du livre se poursuit pour une dernière journée aujourd'hui, Place Bonaventure, à Montréal. En début de week-end, le prix Fleury-Mesplets, qui récompense une personne pour son engagement dans l'édition québécoise, a été remis à Claude Choquette, fondateur de l'agence Montréal-Contacts, imprimeur, gestionnaire, éditeur, promoteur et agent littéraire.

Le prix international Saint-Denys-Garneau a été remis à Jean Royer et à Monique Dussault pour Au Seuil de l'inespérable, publié aux éditions du pôle, et le prix Marcel-Couture, qui récompense une oeuvre qui s'est démarquée par son originalité et son audace a été remis à Benoît Melançon, pour Les Yeux de Maurice Richard, publié chez Fides.


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