L'achat de chars de combat pour l'armée canadienne a fait l'objet d'intenses débats
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Le plus haut gradé de l'armée de terre a failli démissionner
Ottawa -- La décision d'emprunter 20 chars de combat Leopard A6M des Allemands et d'acheter 100 modèles légèrement usagés des Néerlandais a fait l'objet de vifs débats et finalement, d'une décision prise à la dernière minute par le gouvernement conservateur et le ministère canadien de la Défense.Selon des dossiers dévoilés en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, l'armée effectuait encore en février dernier des tests pour savoir si ses vieux Leopard C1 étaient adaptés aux rigueurs du terrain en Afghanistan. Les résultats de ces tests ont montré que ces véhicules n'étaient pas adéquats.
L'ex-ministre de la Défense, Gordon O'Connor, a dû faire face à des obstacles, particulièrement au sein du Bureau du Conseil privé, qui était très sceptique à l'idée de remplacer les vieux Leopard par de nouveaux modèles néerlandais, ont indiqué des sources à la Défense.
Personne n'a contesté la nécessité d'emprunter à l'Allemagne une vingtaine de chars de combat modernes, résistants aux mines, pour la mission actuelle à Kandahar, disent les sources. Mais le débat sur l'achat des autres chars s'est étiré jusqu'en mars dernier et a même amené le chef de l'Armée de terre, le lieutenant-général Andrew Leslie, à mettre son poste en jeu et à exiger que la mesure soit approuvée.
Un mythe
Le débat a finalement été enterré quand le ministre O'Connor a fait adopter toute l'initiative, aujourd'hui évaluée à 1,3 milliard, par le cabinet, début avril.
Un expert des questions de défense a déclaré qu'après la mort de plus de 70 soldats en Afghanistan, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi l'achat d'équipements aussi essentiels pour une armée moderne a suscité un débat aussi vif. Selon Alain Pellerin, directeur de la Conférence des associations de la défense, on entretient le mythe du Canada engagé dans des missions de maintien de la paix alors que depuis la Bosnie, les militaires canadiens sont affectés à des situations de conflit. Certaines personnes -- des fonctionnaires -- refusent de le reconnaître, dit-il.

