Opinion

Lettres: Arrêtons de philosopher... agissons!

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Madeleine Soucy, Enseignante retraitée, C. S. des Affluents. Repentigny, le 13 novembre 2007

Édition du lundi 19 novembre 2007

Mots clés : primaire, éducation, Français (langue), Langue, Québec (province)

Je suis lasse de lire et d'entendre tout ce verbiage, repris combien de fois depuis 30 ans, sur la qualité du français écrit au Québec. Que d'élèves sacrifiés durant toutes ces années où l'on a changé les programmes pour pondre des briques de plus en plus inassimilables! Bien sûr, il y avait des changements à apporter, mais non au détriment de l'apprentissage correct de la langue écrite.

Je veux m'entretenir de l'enseignement du français écrit au primaire puisque cela relève de mon expérience. Le gros du problème dans l'apprentissage de cette langue écrite au primaire réside dans le manque d'organisation. À titre d'exemple: alors que l'écolier ne sait pas encore identifier la nature des mots, on lui demande de les accorder. Aussi, à cause de l'insuffisance d'approfondissement par des exercices pratiques, il ne peut retenir toutes les connaissances nouvelles. C'est le méli-mélo! Tout est confus dans sa tête. Je n'avais qu'à l'enseigner correctement, allez-vous me dire! Mes collègues et moi avons essayé de changer les choses en exprimant notre désaccord sur le peu de rigueur et de clarté dans les objectifs contenus dans les programmes.

Je suis persuadée que tout en suivant les nouvelles technologies, et en continuant de faire place à l'observation et à la communication orale, nous pouvons enseigner les bases de l'écriture à nos jeunes. Cela sous-tend l'utilisation d'une grammaire où tout est classé selon un ordre logique. Comment construit-on une maison? En commençant par les fondations, n'est-ce-pas?

Au XVIIe siècle, le grand philosophe Comenius, père de la didactique, avançait que «l'introduction et l'organisation des connaissances ne peuvent être dictées uniquement par les intérêts des enfants ou les circonstances d'enseignement». Je suis entièrement de cet avis.

Alors, cessons de prendre les enfants pour des souris de laboratoire comme cela a été le cas depuis 30 ans. Arrêtons de philosopher et agissons si nous voulons protéger notre langue et sa pérennité. Si nous savons l'écrire correctement, peut-être aurons-nous à coeur de la bien parler!


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com