Vos réactions

Ce qui s'entend dans les zozores ou les cages à miel...

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le samedi 17 novembre 2007 09:00




C'est Sabino de Arana (1865-1903), en aspirant à un État catholique et ethniquement « pur », qui se mit à tricoter sec une nation du début jusqu'à... Il fit un patchwork, un assemblage, à partir de différents dialectes basques, pour créer une langue officielle et ensuite il composa un hymne national. Il alla même jusqu'à épouser une paysanne pour préserver la « pureté' » de la race. Il baptisa sa jeune nation Euskal Herria, « Le pays où on parle basque ». Le nationalisme basque est un mouvement typiquement paysan. C'est aussi une accusation portée contre un âge moderne et matérialiste, contre tout ce qui est nouveau et annonciateur de progrès. Une langue inventée pour une lutte d'intérêt et non justifiée historiquement puisque le brassage « ethnique » fut si considérable que l'on ne sait plus du tout s'il y a encore des basques dits « purs » ou de « souche »?

Les Catalans, eux, disent que le français c'est du catalan mal parlé (par ex le fromage en catalan se dit formatje; la paix, la pau; au revoir, Adéu. A reveure). Jusqu'au Moyen Âge, le catalan et l'occitan (en France) ne faisaient qu'une seule et même langue. En France, l'aire catalane comprend une partie du département des Pyrénées-Orientales (dans le Languedoc-Roussillon), appelée aussi la «Catalogne du Nord», alors qu'en Italie le catalan est parlé dans la ville d'Alghero dans l'île de la Sardaigne. Nos belles manières de parler l'amour provient des troubadours (de l'occitan trobador) grâce aux poètes chanteurs, durant le Moyen Âge. Trobador signifie « trouver » parce que les musiciens devant leur belles essayaient de trouver les vers les plus doux et les plus à même de célébrer leur « blonde ». Oui, ces belles aimaient être sur des terrasses afin de faire dorer leurs cheveux au soleil. C'etait du flirt avant l'heure. Le mot français flirter signifie « conter fleurette ».

Alors « acquérir une langue, c'est aussi acquérir les valeurs du pays » comme dit dans l'article Patrick Butor, cela n'est pas aussi certain. Les valeurs françaises et profondément laïques de la société française n'ont rien à voir avec les valeurs de la société québécoise qui, elle, comme le disait dernièrement J-F Lisée, a encore des relents catholiques/chrétiens très forts, très prononcés (ex : les mots tabarnak, ciboire, crise etc.). La difficulté est que si nous devons faire apprendre aux immigrants la langue française au sens du français tel qu'il est parlé internationalement, ce ne sont pas les valeurs de la société québécoise que ces immigrants vont apprendre mais celles de la société française. Si on leur enseigne le québécois tel qu'il est parlé aujourd'hui oui, mais cela suppose qu'ils ne connaitront pas la langue française. La difficulté est celle de la langue vécue quotidiennement et elle n'a rien à voir avec le français. Imaginez un Sri-lankais qui apprend les français dans la bible traduite en argot par Pierre Devaux (1960) et saluée par Jean Cocteau où on peut lire par exemple : « J'veux qu'ça tourne tourne rond, misère à poil! », se fit notre vénéré Daron. Alors, il harpigna la Terre, et de ses pognes formidables, il la pétrissit et l'arrondissit en forme de boule.» En France, il risque d'être compris facilement mais au Québec, il aura quelques difficultés. Surtout s'il est marié et a deux gosses (enfants).

Il faudrait définir quelle langue nous devons parler au Québec puisque parler le français reste exotique pour beaucoup de québécois encore de nos jours. Je suis un partisan convaincu du parlé français et je ne me gène pas pour « exiger » qu'à Montréal nous nous devons de parler le français comme il se doit même s'il m'est arrivé de parler français à un anglophone et anglais à un québécois dans la région. « To be, or not to be French, that is the question". Je vous souhaite une belle journaille.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com