Opinion

Lettres: L'art de créer de faux problèmes

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Guy Joncas, Chicoutimi, le 15 novembre 2007

Édition du samedi 17 et du dimanche 18 novembre 2007

Mots clés : bulletin chiffré, Éducation, Québec (province)

Jadis, à l'université, un de mes bons professeurs nous avait parlé de ces personnes qui maîtrisent l'art de créer (ou d'alimenter) de faux problèmes, généralement dans le but de détourner l'attention des vrais problèmes.


J'en ai eu un bel exemple cette semaine avec la rencontre parents-professeurs au secondaire. Mon attention a été attirée par le système de notation qui, à mon avis, nous fait faire un retour en arrière inutile, surtout en regard de toute la polémique qu'il a suscité et continue de susciter.

À mon avis, quand l'enfant obtient la note de 90 %, au même titre qu'un A, c'est que ça va bien. Quand il a 59 % ou moins, au même titre qu'un D ou un E, c'est que ça va mal. C'est du moins ce qui est écrit dans la «légende d'appréciation» du bulletin, tout comme dans l'ancien système d'ailleurs. Si encore on avait la moyenne du groupe (ce que les gens espéraient), on pourrait toujours comparer et se consoler (dans bien des cas du moins). Sauf que le réveil peut être brutal. Si l'enfant a 80 % (B) et que la moyenne est de 90 % (A), ça ne va pas mieux. Si la moyenne est de 70 % (C), ça va bien. Il n'y a donc pas de système idéal.

La notation la plus importante, selon moi, se retrouve dans la colonne «Légende des commentaires» qui porte sur les comportements de l'élève devant son apprentissage. J'ai déjà dit à un professeur que j'accorde plus d'importance aux attitudes qu'aux aptitudes. Le bon travail et la bonne conduite vont normalement mener à des résultats probants.

Bref, les autorités ont beaucoup plus intérêt à ce qu'on perde notre temps (et même beaucoup d'argent) à se chamailler à propos du système de notation plutôt que de s'attarder à un véritable problème, soit la surcharge de travail des professeurs.

Surtout dans les classes moins fortes, il faudrait diminuer le nombre d'élèves afin que les professeurs, qui font déjà face à de gros problèmes de discipline, puissent accorder plus de temps à chaque élève. Ainsi, l'élève qui a un D ou un E (59 % ou moins) disposerait sans doute de plus de temps d'attention et d'outils dans sa progression vers de meilleures notes.

On dirait qu'on a totalement éradiqué cette question ces derniers temps. En perdant notre temps avec de faux problèmes, les autorités doivent être bien heureuses de constater qu'on ne se préoccupe plus des vrais, ceux qui, à court terme du moins, coûteraient plus cher à l'État.


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