Animation - Repousser encore plus loin la frontière technologique

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Martin Bilodeau
Édition du samedi 17 et du dimanche 18 novembre 2007

Mots clés : cinéma d'animation, Beowulf, Culture, États-Unis (pays)

Il était une fois la rencontre entre une histoire millénaire (Beowulf) et une technologie révolutionnaire (l'animation en motion capture). La première, d'abord surprise d'avoir à subir la transformation de son habillage, ne s'en formalisa point quand l'action prit le dessus. La seconde, un peu contrainte par le lyrisme ancien du conte épique, lui découvrit une musculature dramatique insoupçonnée. Ils vécurent heureux et feront beaucoup de petits.

***
Beowulf
(La Légende de Beowulf)
De Robert Zemeckis. Avec Ray Winstone, Anthony Hopkins,
Robin Wright Penn, John Malkovich, Brendan Gleeson,
Crispin Glover. Scénario: Neil Gaiman, Roger Avery, d'après le poème épique. Image: Robert Presley. Montage: Jeremiah O'Dristoll. Musique: Alan Silvestri. États-Unis, 2007, 114 min. ***

Et pour cause. L'avenir du cinéma d'animation américain, en pleine mutation, passe par la motion capture, c'est-à-dire l'animation numérisée à partir des mouvements, gestes et expressions faciales d'acteurs couverts d'électrons reliés à un ordinateur. Dans le genre, Polar Express avait marqué un sommet. Beowulf, réalisé par le même Robert Zemeckis (à qui on doit également le désormais poussiéreux Who Framed Roger Rabbit), pousse encore plus loin la frontière technologique. Le résultat est sidérant, même si le scénario de Roger Avery et Neil Gaiman n'est pas toujours à la hauteur et engraisse par des séquences d'action étirées sinon futiles un récit mince, qui eût pu nous être restitué en deux fois moins de temps.

Reppelons les faits: au VIe siècle de notre ère, Grendel, une créature meurtrière, fait régner la terreur dans le royaume du roi Hrothgar, comme en témoigne le sanglant massacre de sa cour, en couverture du film. Débarque Beowulf, un viking invincible, aux exploits mythiques -- quoique embellis --, qui promet au souverain de le débarrasser de Grendel. Tâche dont il s'acquitte au terme d'une séquence d'action spectaculaire et quasi érotique (le guerrier combat en tenue d'Adam, la bête privilégiant les sports de contact), qui lui vaut le trône du roi, la reine qui vient avec et l'admiration de ses sujets. Mais la quiétude de son royaume passe par un pacte fait avec la mère du défunt Grendel, séduisante succube en quête d'un géniteur pour son nouveau descendant.

Et l'histoire de se répéter, ce qui en substance constitue le message universel de ce divertissement haut de gamme, où la technique moderne met en valeur l'histoire ancienne, et vice versa, et où les acteurs mettent en chair des créatures virtuelles, et vice versa.

La ressemblance des personnages avec les acteurs qui leur ont prêté leurs traits est stupéfiante. Anthony Hopkins, en roi Hrothgar, est plus vrai que vrai. Moulée à la façon d'une prêtresse sadomaso, Angelina Jolie, en mère de Grendel, n'a rien perdu de son charme, encore moins de ses formes. Mais c'est Ray Winstone qui, derrière le rôle-titre, épate le plus: l'autorité souveraine, la puissance virile du supra-humain, la faiblesse de l'homme qu'il est tout au fond, tout passe par sa voix puissante. C'est elle qui nous guide à travers ce formidable labyrinthe d'émotions, à vivre en 2D ou en 3D.

Collaborateur du Devoir


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Cinéma à Ttrois-Rivières. - par André-Jean Bordeleau
Le vendredi 30 novembre 2007 21:00

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