Musique classique - Dmitri Hvorostovski, ambassadeur de toute la musique russe
Mots clés : spectacle, Dmitri Hvorostovski, Culture, Musique, Québec (province)

Hvorostovski est évidemment la vedette de ce spectacle itinérant. On ne voit que lui sur les affiches. C'est de bonne guerre, puisqu'il a fait forte impression précédemment à Montréal, par exemple en 1998 où il avait chanté à Lanaudière les Chants et danses de la mort de Moussorgski sous la direction de Charles Dutoit, un concert filmé et enregistré par Radio-Canada et disponible en DVD sur étiquette VAI.
Le combat des barytons
Né en 1962 à Krasnoyarsk, en Russie, dans une famille de scientifiques, Hvorostovski a étudié le chant dans sa ville natale. C'est là aussi qu'il a fait ses débuts à l'opéra. Il s'est ensuite distingué lors de divers concours en Russie. Le lancement international de sa carrière fut spectaculaire et eut lieu lors d'une mémorable édition du concours Singer of the World de Cardiff, où il s'était inscrit à l'instigation de la grande chanteuse Irina Arkhipova, présidente du jury du Concours Glinka qui l'avait couronné.
À Cardiff, en 1989, se retrouvaient en finale face à face le Gallois Bryn Terfel et Dmitri Hvorostovski! Ce mythique «duel des barytons» fut remporté par le Russe. Oui, les deux plus grands barytons révélés dans ces vingt-cinq dernières années eurent à se mesurer lors du même concours, à l'issue duquel Bryn Terfel repartit avec un «prix d'interprétation de la mélodie» sous le bras!
Les débuts de Hvorostovski en Europe de l'Ouest ont été placés sous le signe de Tchaïkovski, avec La Dame de pique à Nice et Eugène Oneguine à Venise. Le baryton russe a ensuite effectué ses débuts à Covent Garden en 1992, au Met en 1995, et s'est produit partout dans le monde. Ses apparitions sont très scrupuleusement choisies. Cette saison, à l'opéra, il chantera à New York dans Un bal masqué, puis à Londres dans La Traviata, à Chicago dans Eugène Onéguine et à Paris dans Don Carlos. Un point, c'est tout.
Russie profonde
Évidemment, dans le cadre de cette tournée, Dmitri Hvorostovski chantera les airs célèbres des opéras de Tchaïkovski. Mais le coeur du programme est tout autre. Comme Hvorostovski le décrit en entrevue au Devoir, la première partie se veut «un écho de la Russie profonde, un répertoire vraiment inconnu du monde occidental». Le mélange entre opéra et musique sacrée est voulu: «J'ai inclus dans ce programme la musique liturgique orthodoxe que j'ai chantée il y a très longtemps, avec mes professeurs, et que j'ai dirigée en tant que chef de choeur.» Tout cela, même si le baryton avoue ne pas être religieux lui-même.
Hvorostovski sera accompagné par un choeur de jeunes chanteurs âgés de 17 à 22 ans. La star ne tarit pas d'éloges à leur égard: «Ils produisent un son brillant et frais, incomparable avec celui des choeurs professionnels.» Il faut dire qu'en Russie la révolution chorale observée en Occident depuis vingt-cinq ans n'a pas encore vraiment eu lieu: les oeuvres chorales profanes et sacrées continuent d'être massacrées par des voix lourdes et hétérogènes éreintées par l'opéra, comme en témoigne la récente catastrophique 9e Symphonie de Beethoven sous la direction de Mikhaïl Pletnev (disque DG).
La seconde partie du concert sera composée de romances russes et de chants populaires, ce qui permettra, aux yeux de Hvorostovski, «un véritable voyage dans tout l'univers de la musique russe». Constantin Orbelian, le chef, est natif de San Francisco. Fils de parents russe et arménien, il a commencé sa carrière comme pianiste prodige avant de devenir chef. Hvorostovski le considère comme un véritable surdoué, capable de «tout diriger, de la musique de film à l'opéra», et pense que tous les protagonistes de ce spectacle sont de véritables «ambassadeurs de la musique russe, de ce pays auquel nous appartenons, même si, pour ma part, j'ai vécu longtemps loin de ce pays».
Actuellement, le chanteur qui a connu tous les succès prend beaucoup de plaisir à chanter Simon Boccanegra de Verdi, «le rôle de rêve pour tout baryton». Il abordera bientôt Iago dans Otello et Ernani dans l'opéra du même nom, toujours de Verdi.
Quant à Boris Godounov, dont il chante le monologue dans son nouveau récital, Heroes and Villains, le rôle (trop grave) n'est évidemment pas pour lui sur scène, mais il pense pouvoir l'incarner au cinéma. On subodore qu'un projet est dans l'air -- «rien n'est fait», dit-il -- mais Hvorostovski reste dubitatif quant à sa faculté de dégager trois mois dans son emploi du temps pour tourner un film. Un emploi du temps quasiment bouclé jusqu'au milieu de l'année 2012...
Collaborateur du Devoir
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DMITRI HVOROSTOVSKI
Chants russes liturgiques russes de Bortnianski, Tolstyakov, Arkhangelski et Chesnokov. Airs d'opéra de Rimski-Korsakov et Tchaïkovski. Avec l'Orchestre de chambre de Moscou et l'Académie chorale de Moscou, dir.: Constantin Orbelian. Chansons populaires russes (avec l'ensemble folklorique The Style of Five). À la salle Wilfrid-Pelletier, samedi 24 novembre à 20h. Au Grand Théâtre de Québec, lundi 26 novembre à 20h. Réservations: 514 842-2112 et 514 790-1245 (Montréal) ou 418 643-8131 (Québec). Concert du choeur seul à Québec, le 25 novembre à 20h, avec les Vêpres de Rachmaninov sous la direction de Victor Popov. En CD: à paraître le 4 décembre Heroes and Villains chez Delos (distr. SRI).i
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