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Ignorance

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Laurence Masse (masselaurence@hotmail.com)
Envoyé Le vendredi 16 novembre 2007 21:00



Je suis consternée de constater l'ignorance et la mauvaise foi de certains. Le mouvement étudiant doit actuellement affronter, en plus de lutter contre une vague de mépris injustifiée, l'indifférence du gouvernement, la brutalité policière et les campagnes de désinformation médiatique. Mettons d'abord les choses au clair, le dégel des frais de scolarité augmente la facture étudiante de 50$ par session durant 5 ans. Soit 1000$ par année d'ici 2012. Les frais de scolarité ainsi augmentés s'élèveront à 2168$ et ce sans compter les frais afférents qui varient selon les institutions d'enseignement, les coûts relatifs à l'achat de matériel scolaire, de transport et d'hébergement.

Ensuite, si tous s'entendent sur la nécessité d'un système de santé accessible et gratuit, l'idée d'une éducation accessible, gratuite et de qualité semble en offusquer plusieurs. À ce sujet, les arguments, tous plus infondés les uns que les autres, fusent. Affirmer que les étudiants sont de gros bébés gâtés parce qu'ils osent défendre les acquis passés, parce qu'ils revendiquent la QUALITÉ du système d'éducation, l'abolition de la loi C-43, déclarée anti-démocratique par l'ONU, et la GRATUITÉ scolaire est à mon avis la pire forme de violence. J'étais sidérée de lire un joujournaliste écrire que voyons donc les jeunes on est pu en 1970, rangez vos pancartes. Le Québec actuel est au prise avec un lourd problème. Sommes nous gagas de notre merveilleuse révolution tranquille, de notre si belle crise d'octobre au point d'oublier que les jeunes d'aujourd'hui vivent dans un pays à bâtir. Glorifions l'époque de Lévesque sans nuance et ridiculisons les mouvements progressistes de 2007!!!

Par la suite, plusieurs s'insurgent :«Heil la la j'vas pas payer plus d'impôts... pour les riches». Visiblement biens informés par le gouvernement, ces gens ignorent que 950 millions de dollars provenant des transferts fédéraux pour l'éducation viennent d'être retournés sous forme de baisses d'impôts aux plus hauts salariés par le gouvernement Charest, que selon une étude menée par Léopold Lauzon en collaboration avec l'UQAM environ 50% des entreprises ne paient pas d'impôts et que les autres sont imposées au taux ridicule de 1,8%, que 5 milliards de dollar sont offerts aux entreprises rentables sous forme de crédits d'impôts et qu'en allant récupérer cet argent qui s'accumule chez les plus riches que riches le Québec pourrait se permettre plusieurs foi la gratuité scolaire dont le coût rappelons le s'élève à 550 millions de dollars selon l'IRIS.

En ce qui a trait au caractère soit disant anti-démocratique des syndicats étudiants, sachez que les assemblées générales sont ouvertes à tous et toutes. Le processus, régi par le Code Morin, permet à la population étudiante d'exercer non seulement son droit de vote mais elle leur permet aussi de s'informer en soupesant les arguments divergents de leurs pairs. Lors d'une assemblée, le pouvoir est entre les mains des étudiants et des étudiantes qui ont choisi de s'y présenter. Surprise, les gens qui remettent en question ce processus démocratique sont toujours ceux et celles qui choisissent de ne pas se présenter à leurs assemblées, ceux et celles qui croient dur comme fer ce que racontent les masses média et pire encore ceux qui votent à Occupation Double.

La violence des méchants étudiants et des méchantes étudiantes occupe aussi une place de premier ordre dans nos glorieux médias. Ainsi, l'idée que l'anti-émeute débarque armée de pistolets électriques, de balles de caoutchouc, de matraques, de gaz et de poivre de cayenne pour déloger des citoyens et des citoyennes venus se réapproprier symboliquement leur institution d'enseignement est bien reçue voir applaudie. Par ailleurs, des étudiants et étudiantes qui choisissent de tenir tête à l'état policier, largement armé, et à la répression gouvernementale en érigeant des barricades avec des chaises et des tables sont de très très vilains petits! La population et les médias semblent actuellement se soucier beaucoup plus des bris matériels causés par la peur que suscite l'intervention policière que par les multiples blessures, coût de matraques, décharges électriques et gestes de violence des policiers et des policières. Gestes qui bien sûr ne sont captés et diffusés que par les caméras et appareils photo amateurs.

Le rôle des médias dans la présente campagne de désinformation est non négligeable voir de premier ordre. Car, les médias s'acharnent sur ce qui fait peur, ce qui fait sensation, ce qui choque et qui fait vendre. Je ne m'attends pas à ce que Power Corporation ou Quebecor Média rende avec justesse les propos de ceux et celles qui dénoncent leurs monopoles et leur enrichissement honteux, mais je m'attends à un minimum de prudence de la part des citoyens et citoyennes. Les articles et reportages sur le présent mouvement de contestation sont bourrés de mensonges, de sous entendus et de bêtises. Les médias qui affirment avoir sérieusement infiltré le mouvement et constaté que les étudiants et étudiantes ont fait la grève pour fumer plus de drogue et boire plus de bière sont visiblement en manque d'idée pour étoffer leur propagande.

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