Ceci est une expérience personnelle, mais je pense qu'elle peut éclairer ce qu'un dégel des frais de scolarité peut cacher. Après un bacc à l'Université Laval, je suis présentement étudiante à la maîtrise à l'Université d'Ottawa... où les frais de scolarité montent environ à 5000$ par année. Ce que je constate dans mon entourage, c'est que plusieurs de mes collègues occupent présentement DEUX emplois pour y arriver. En effet, en plus d'un contrat d'assistant d'enseignement ou de recherche (par ailleurs bien mieux payé que leur équivalent québécois), certains doivent se tourner vers un deuxième emploi pour arriver dans leur budget. Pour ma part, j'ai la chance de bénéficier d'une bourse d'étude qui ne m'oblige pas à me tourner vers cette solution, me laissant plus de temps pour mes études. Mais... réfléchissons... avec deux emplois, ces étudiants n'ont plus autant de temps à consacrer à leurs études, ce qui menace leur réussite scolaire et peut même faire en sorte qu'ils soient obligés de passer donc plus de temps sur les bancs de l'université pour obtenir leur diplôme (ce qui coûte effectivement plus cher à l'État) et par le fait même, peut-être s'endetter. À ceux qui prônent la parité des frais de scolarité québécois avec l'Ontario... c'est un pensez-y bien. Par ailleurs, à ceux qui disent que les associations étudiantes en grève agissent de façon anti-démocratique, le principe d'une Assemblée générale est celui de la participation directe... Que ceux qui sont contre la grève s'y présentent!