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Enfin un discours sensé sur notre système de santé

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Jean-Marc Bernard (jmbernard@videotron.ca)
Envoyé Le vendredi 16 novembre 2007 10:00



Depuis des mois, sinon des années, on nous farcit la tête avec ce discours biaisé que l'une des seules solutions possibles pour remettre sur les rails notre système de santé, c'est l'ouverture sur le privé.
Enfin, des personnes crédibles viennent nous dire ce que l'on devrait pourtant savoir depuis belle lurette, que ce n'est pas cette voie qui règlera le problème. On sait pourtant que ce sont les systèmes les plus privés qui coûtent le plus cher à la société. Je ne serai pas original en citant le cas de nos voisins, les USA, qui dépensent environ 15 % de leur PIB pour la santé. On sait également comment ceux des Américains qui ont les moyens de se payer de bonnes assurances en santé bénéficient des soins les plus sophistiqués et à la fine pointe de la technologie, alors que ceux qui n'en ont pas les moyens en sont souvent exclus. Ce n'est pas ce qu'on appelle un système basé sur le principe de la solidarité sociale, comme est le nôtre et surtout comme il doit demeurer. De plus, si l'on risque une relation (peut-être un peu simpliste) avec l'espérance de vie, la démonstration est encore plus parlante: les USA se situant, avec leur 15 % de dépenses de santé, parmi les plus bas des pays occidentaux, en ce qui concerne l'espérance de vie (environ 77 ans). À l'opposé, on retrouve des pays comme la Suède, l'Italie, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, et même le Japon, avec des dépenses d'environ 8 à 8,5 % du PIB et qui ont une espérance de vie qui se situent aux environs de 80 ans. (Ces données sont tirées du rapport "L'OCDE en chiffres 2005", en particulier le tableau "Dépenses de santé en % du PIB et espérance de vie 2003"). Ces derniers pays ont en commun une histoire de régimes publics très forts, mais il faut aussi reconnaître que certains n'échappent pas à cette tendance vers le privé. Ils ont sans doute eux aussi été contaminés par le même virus qui semble s'introduire chez nous, même par la voix de celui qu'on a (peut-être trop naïvement) qualifié de "père" du système public, monsieur Claude Castonguay. Il m'apparaît évident que son éventuel rapport recommandera malencontreusement une important ouverture sur le privé. Il lui serait à mon avis difficile de faire autrement, étant donné le discours qu'il tient depuis qu'il a recommencé à se questionner sur notre système de santé.
Bravo donc à ces médecins, ces chercheurs, ces administrateurs qui viennent nous dire et nous démontrer, à contre courant de la tendance actuelle, que le problème du système de santé ne se réglera pas par une ouverture sur le privé, bien au contraire, mais par une réorganisation efficace du système public, surtout en neutralisant les obstacles, les forts lobbies, les contraintes corporatives, les idées toutes faites.
Jean-Marc Bernard
Québec

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