Coup d'envoi du Quartier des spectacles
Mots clés : Place des Arts, investissements, Quartier des spectacles, Culture, Gouvernement, Canada (Pays), Montréal
- Les travaux seront réalisés en quatre phases, jusqu'en 2012 - Montréal, Québec et Ottawa investissent 120 millions

Le Programme particulier d'urbanisme du secteur Place des Arts du Quartier des spectacles est vaste et ambitieux, mais on promet de tout mettre en oeuvre pour que le son de la musique ne soit pas parasité par le bruit des pelles mécaniques et des marteaux-piqueurs. Ainsi, les quatre phases du projet seront réalisées entre les périodes où les festivals battent leur plein. Les travaux seront aussi menés de façon à ce que les événements qui animent le secteur pendant l'été bénéficient de tout l'espace dont ils ont besoin.
Dans ces circonstances, est-ce que les délais seront respectés? «Il n'y a aucun doute à mon esprit. C'est un engagement personnel que j'ai pris pour la culture à Montréal», a assuré hier le maire de Montréal, Gérald Tremblay. «Nous passons à l'action», a-t-il ajouté, afin de rassurer ceux et celles -- et ils sont nombreux -- qui ont longtemps douté que le Quartier des spectacles verrait bel et bien le jour.
La première phase, soit l'aménagement de la Place du Quartier des spectacles, doit débuter à la fin de l'été 2008, pour être terminée en juin 2009. Le plateau de l'îlot Balmoral, à l'est de la rue du même nom, revitalisée, sera ramené au niveau de la rue Jeanne-Mance, afin d'ajouter la surface de la rue à celle de la place pour accueillir les festivaliers. Pour égayer l'endroit, une installation mariant jets d'eau et de lumière est prévue à même le sol. Une partie de l'espace sera aussi gazonné et l'on y plantera des arbres.
Fait à noter, la réflexion n'est pas terminée quant à l'avenir des immeubles qui existent sur l'actuel îlot Balmoral. La ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, a toutefois promis hier que Québec se pencherait sur la question. Le projet d'une Maison du jazz est aussi toujours dans l'air, a-t-on indiqué au Devoir. Celle-ci servirait à présenter des spectacles toute l'année et elle pourrait occuper la partie sud de l'îlot Balmoral.
La largeur de la rue Jeanne-Mance passera quant à elle de cinq à trois voies et le stationnement sur rue sera interdit. On libérera donc de l'espace pour élargir le trottoir est à 10 mètres, trottoir où l'on plantera des arbres, en plus d'implanter des vitrines accueillant cafés et boutiques. On souhaite de plus inviter le Complexe Desjardins, au sud de Sainte-Catherine, à «extérioriser son activité commerciale».
Un tout nouveau système d'éclairage sera installé, composé de mâts qui peuvent atteindre six étages de haut. Enfin, l'îlot Eugène-Lapierre, entre Président-Kennedy et Maisonneuve, à l'ouest de la rue De Bleury, sera libéré pour le développement immobilier. Il est actuellement utilisé comme stationnement. Aucun projet n'est encore prévu.
En 2009-2010, on s'attaquera au secteur de l'esplanade Clark, borné par la rue du même nom à l'est, par la rue Saint-Urbain à l'ouest, par Sainte-Catherine au sud et le boulevard de Maisonneuve au nord. Les terrains vacants le long de la rue Clark, particulièrement négligés, seront expropriés. Un vaste espace gazonné y sera aménagé, avec des dizaines d'arbres. La rue Saint-Urbain, entre René-Lévesque et le boulevard de Maisonneuve, sera bordée de nombreuses vitrines pouvant accueillir des expositions des organismes culturels, le long des murs aveugles de la Place des Arts et du Complexe Desjardins.
On espère que ces travaux, qui coïncideront avec ceux effectués pour l'Adresse symphonique, la nouvelle salle de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), auront un impact sur le développement du boulevard Saint-Laurent, plutôt désarticulé dans ce secteur.
Au cours de la troisième phase, la rue Sainte-Catherine aura droit à son tour à un lifting architectural, entre Bullion et Saint-Alexandre. La surface sera uniformisée, pour en faire un espace public linéaire, et on éliminera la dénivellation entre le trottoir et la chaussée. Des discussions sont aussi en cours sur la possibilité de faire de cette portion de l'artère une avenue qui demeurerait piétonne durant toute la période estivale.
La dernière phase, parachevée en 2012, se déroulera dans la zone délimitée par le boulevard de Maisonneuve, au sud, et l'avenue Président-Kennedy, au nord. Les deux artères seront ramenées à deux voies et le terre-plein situé entre les deux sera plus que quadruplé. Une «Promenade des festivals» y sera aménagée avec un alignement de structures permettant l'aménagement de kiosques.
Le boulevard de Maisonneuve sera reconfiguré entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Saint-Urbain. Il se poursuivra de façon rectiligne jusqu'à la rue Clark. Les places Fred-Barry et Albert-Duquesne seront redessinées. Une «Place de l'Adresse symphonique» sera aménagée sur cet espace, avec des espaces prévus pour l'implantation d'éventuels kiosques, et ce, toute l'année.
Les plans réalisés par la firme d'architectes Daoust-Lestage sont par ailleurs sujets à des changements mineurs, mais l'âme du projet est toute tracée. Cette firme a notamment réalisé des plans pour le Square Victoria, la place Jean-Paul Riopelle et sur la colline parlementaire à Québec.
Projet porteur
Les représentants des trois ordres de gouvernements se sont évidemment dits heureux d'annoncer enfin la réalisation du Quartier des spectacles. Selon le premier ministre du Québec, Jean Charest, «il n'existe pas une métropole au monde qui n'a pas de vie culturelle forte». Or, a-t-il ajouté, cet investissement de 132 millions (le secteur privé y mettra 12 millions, en plus des 120 millions gouvernementaux) témoigne du dynamisme culturel du Québec, mais aussi, bien sûr, de Montréal. Selon lui, il s'inscrit dans la foulée de la construction, déjà annoncée, d'une nouvelle salle pour l'OSM. Une opinion partagée par le ministre fédéral des Travaux publics, Michael Fortier.
Gérald Tremblay, répétant que le projet était une «priorité» pour son administration, a assuré que le Quartier des spectacles constituera une vitrine inestimable pour la ville. «Tout le monde parlera de Montréal dans le futur», a-t-il lancé. Le maire a aussi offert toute son aide aux promoteurs des grands festivals montréalais, se disant prêt à les épauler dans leur développement. Par ailleurs, a-t-il assuré, pas question d'imposer une taxe de divertissement sur les billets de spectacles, puisque les sommes recueillies dans les parcomètres seraient suffisantes.
Questionné sur la disparition de nombreux espaces de stationnements dans le secteur, le maire de Montréal a fait valoir que «l'automobile a toujours sa place, mais n'a plus toute la place». Il a rappelé que le plan de transport de la Ville témoigne d'un parti pris certain pour une plus grande utilisation du transport en commun.
Gilbert Rozon, fondateur du festival Juste pour rire, qui avait vertement critiqué M. Tremblay l'été dernier pour son manque de leadership, s'est dit heureux de l'annonce. Même son de cloche du côté du président du Festival international de jazz de Montréal, Alain Simard. Selon lui, ce projet permettra d'«assurer l'avenir des festivals» dans la métropole.
Vos réactions
Encombrement anticipé - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le mardi 13 novembre 2007 15:00
Aménagement et culture - par Nicole Langlois (nicolelanglois_4@sympatico.ca)
Le mardi 13 novembre 2007 08:00
Petits bémols - par Gilles Bousquet
Le mardi 13 novembre 2007 02:00

