Maka Kotto quitte Duceppe pour Marois

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Antoine Robitaille
Édition du mardi 13 novembre 2007

Mots clés : Maka Kotto, Parti québécois, Bloc québécois, Québec (province)

Le député de Saint-Lambert tentera de se faire élire dans Bourget

Même si le chef Gilles Duceppe avait formellement promis que tous les députés élus sous sa bannière en 2006 termineraient leur mandat, l'un d'entre eux, Maka Kotto, a annoncé hier qu'il laisserait son siège et tenterait sa chance en politique québécoise aux côtés de Pauline Marois.

Photo: Jacques Nadeau

Actuellement député de Saint-Lambert, M. Kotto briguera l'investiture dans Bourget pour le Parti québécois, circonscription laissée vacante le 16 octobre dernier par l'ancienne leader parlementaire Diane Lemieux. Il a reçu hier l'appui formel de la chef Pauline Marois.

En pleine campagne électorale en décembre 2005, M. Duceppe avait affirmé: «Quand on va chercher un mandat, on complète ce mandat.» Il réagissait alors à un reportage de Radio-Canada dans lequel une demi-douzaine de députés bloquistes se disaient tentés de faire le saut en politique québécoise. «Je pense que lorsqu'on représente les citoyens à quelque niveau que ce soit, c'est de la plus grande importance» que de respecter le mandat reçu, avait ajouté le chef bloquiste. En congé hier en raison du jour du Souvenir à Ottawa, M. Duceppe a refusé de commenter la décision de M. Kotto. Ce dernier en sera à sa deuxième tentative de faire son entrée à l'Assemblée nationale. En 2003, il avait été battu dans Viau.

Le chef bloquiste commentera le départ de son député d'origine camerounaise aujourd'hui après la période de questions. M. Kotto a précisé avoir annoncé la nouvelle à M. Duceppe samedi, mais lorsqu'on lui a demandé comment ce dernier avait réagi, le comédien, habituellement loquace, a laissé tomber un «vous lui poserez la question». En conversation par la suite, M. Kotto a éclaté d'un rire nerveux lorsqu'on lui a souligné que son actuel chef avait lui-même songé sérieusement à aller en politique québécoise au mois de mai.

Plus simple à Ottawa

Mme Marois, qui a participé à l'annonce de la candidature de M. Kotto à la Maison de la culture Mercier, hier, a soutenu qu'il «aurait été probablement plus simple et plus facile pour lui de continuer son mandat à Ottawa», étant donné qu'à Québec, le PQ est le deuxième groupe d'opposition. Elle s'est dite enthousiaste à l'idée de voir le comédien, actuellement critique en matière de Patrimoine canadien, rejoindre la députation péquiste.

M. Kotto a précisé que sa venue sur la scène québécoise était liée au débat soulevé par les projets de loi de loi 195 et 196, déposés récemment par le PQ. Ceux-ci, portant sur l'identité et la constitution du Québec, ont soulevé la controverse en raison de la citoyenneté québécoise qu'ils créeraient, laquelle serait assortie de conditions strictes, notamment la maîtrise de la langue française pour les nouveaux arrivants. Les autres partis à Québec ont jusqu'à maintenant refusé jusqu'à maintenant de les étudier en chambre. «C'est un débat qui m'enthousiasme et auquel je veux participer pleinement», a-t-il déclaré, estimant que seuls 10 % de ces projets de loi posaient problème, en raison des principes coercitifs impliqués. M. Kotto estime que ces documents sont perfectibles et qu'à terme, les mesures qui en découleraient permettraient de «projeter dans l'inconscient collectif [...] des Québécois ce que serait l'ossature d'un Québec qui s'affirme. D'un Québec qui sait ce qu'il est et ce qu'il sera dans la pérennité et dans l'histoire».

Père de quatre enfants, M. Kotto s'est excusé hier auprès de sa conjointe Caroline St-Hilaire, aussi députée du Bloc (Longueuil-Pierre-Boucher): «Il va falloir que l'on coupe nos heures de retrouvailles.» Mme St-Hilaire a fait savoir hier qu'elle n'avait aucune intention de tenter de se faire élire à l'Assemblée nationale. M. Kotto ne démissionnera toutefois pas de son poste avant que le premier ministre Charest ne déclenche l'élection partielle, une date encore indéterminée. Le Bloc a fait savoir hier que la députée d'Ahuntsic, Maria Mourani, remplacerait M. Kotto à titre de porte-parole en matière de Patrimoine.

À l'été 2005, M. Kotto avait participé à un mouvement en faveur du retour de Bernard Landry à la tête du PQ. Puis, en septembre, il avait pris position en faveur de Pauline Marois.


Vos réactions


belle surprise - par oneil bouchard
Le mardi 13 novembre 2007 17:00

Petit opportuniste - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le mardi 13 novembre 2007 14:00

Les beaux principes de Monsieur Duceppe... - par Sylvain Bernier
Le mardi 13 novembre 2007 08:00

Après la lionne de Bourget, le lion du Cameroun.... - par jacques noel
Le mardi 13 novembre 2007 07:00

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