Membres: retour à la case départ au PLC

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Hélène Buzzetti
Édition du lundi 12 novembre 2007

Mots clés : Parti libéral du Canada, membres, course au leadership, Parti politique, Canada (Pays)

Dion n'a pu conserver les effectifs acquis durant la course à la direction

Ottawa -- Le Parti libéral du Canada n'a pas su tirer profit de sa course au leadership. Un an plus tard, il se retrouve avec le même nombre de membres qu'avant le début de la course à la direction, un exercice qui avait permis de faire grossir les rangs des militants. Au Québec, il n'y a plus environ que 15 000 détenteurs de la carte de membre du PLC.

Selon les informations fournies au Devoir par le parti, le PLC compte «environ 100 000» membres en règle dans tout le pays. Le Québec détient donc environ 15 % de tous les militants. Ces chiffres représentent une chute importante par rapport à l'année dernière. Au plus fort de la course à la succession de Paul Martin, le Parti libéral du Canada comptait en effet presque le double de membres: 184 555 cartes étaient en circulation. Au Québec, les onze aspirants au trône libéral avaient réussi à faire gonfler les rangs des supporters rouges à 37 570.

C'est donc dire qu'une fois ces nouvelles cartes annuelles arrivées à échéance, la plupart n'ont pas été renouvelées puisque, avant le début de la course, dans la foulée de la défaite de janvier 2006, il y avait environ 80 000 membres libéraux, dont 15 000 au Québec.

«C'est un peu normal», explique Robert Fragasso, le président de l'aile québécoise du PLC. Tous les candidats [à la direction], et ils étaient nombreux, tentaient de gagner la bataille du super week-end pour l'élection des délégués. Le nerf de la guerre à l'époque était de recruter le plus grand nombre de membres et de faire élire des délégués favorables aux candidats respectifs.» M. Fragasso explique que ces membres «ont adhéré pour un an et, suite au leadership, n'ont pas renouvelé [leur adhésion]». «Le défi, évidemment, c'est de les conserver, mais ce n'est pas toujours facile», continue-t-il. Le président du PLC-Q insiste pour dire que cette situation se vit «dans tous les partis politiques» et pas seulement au Parti libéral.

Malgré tout, il s'agit d'un creux historique. M. Fragasso reconnaissait lui-même l'année dernière que le nombre traditionnel de membres du PLC-Q oscillait entre 30 000 et 35 000. Il avait même atteint le vertigineux sommet de 100 000 en 2004, à la suite de l'arrivée de Paul Martin.

Le faible nombre de membres québécois est d'autant plus révélateur que, à lui seul, le député Denis Coderre, représentant la circonscription montréalaise de Bourassa, se vante d'avoir dans son fief entre 2500 et 3000 membres en règle. Dans la circonscription de Marlene Jennings (Notre-Dame-de-Grâce-Lachine), il y en a environ 1000, tout comme dans Westmount-Ville-Marie, bastion laissé vacant par l'ex-ministre Lucienne Robillard. C'est donc dire qu'à elles trois, ces forteresses montréalaises abritent le tiers de tous les militants libéraux du Québec.

Pas de lien avec les sondages

Denis Coderre estime malgré tout que cette situation n'est pas dramatique puisqu'il y a toujours «des hauts et des bas» dans les listes de membres de tout parti politique. Il rappelle en outre que le passage de 5 à 10 $ de la carte de membre peut avoir nui à sa vente. «Il n'y a pas de lien de cause à effet avec notre force au Québec. Ce n'est pas cela du tout.»

Le dernier coup de sonde effectué aux Québec sur les intentions de vote fédérales, réalisé cette semaine pour le compte du Devoir par la maison Léger Marketing, a indiqué que le parti de Stéphane Dion ne récoltait que 20 % d'appuis contre 31 % pour le Bloc québécois et le Parti conservateur, à égalité. La marge d'erreur était de 3,1 % 19 fois sur 20.

Il est difficile de comparer les effectifs militants libéraux à ceux du Parti conservateur, ce dernier entretenant le mystère à ce sujet. «Désolé, nous ne dévoilons pas notre nombre de membres», a fait savoir par courriel le porte-parole, Ryan Sparrow.

Le Parti libéral n'a pas seulement des difficultés à recruter. Il éprouve aussi des problèmes à récolter des dons. Selon les derniers chiffres dévoilés par Élections Canada, le PLC a récolté jusqu'à présent cette année 2,6 millions de dollars contre 12 millions pour le Parti conservateur. Le PLC a obtenu ces dons auprès de 22 165 donateurs, contre 114 798 pour les conservateurs. Certains donateurs plus généreux peuvent avoir, dans les deux cas, été comptabilisés plus d'une fois.


Vos réactions


...et chez les Conservateurs??? - par Mark Watton
Le lundi 12 novembre 2007 21:00

a oui? - par Réal Ouellet (real@realo.ca)
Le lundi 12 novembre 2007 15:00

Un juste retour des choses - par Pierre Yves Leduc
Le lundi 12 novembre 2007 15:00

M. Dion en collecteur de fonds - par Gilles Bousquet
Le lundi 12 novembre 2007 08:00

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