Proche-Orient - La nostalgie des années Arafat gagne les Palestiniens
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Mahmoud Abbas profite des commémorations du décès d'Arafat pour souligner une «chance historique d'ouvrir un nouveau chapitre» de paix

Photo: Agence Reuters
«Il y a beaucoup plus de monde que les années précédentes à cause de la dégradation de la situation», explique Fatima, une étudiante de 22 ans, originaire de Jérusalem-Est. «Nous apprécions d'autant plus Arafat depuis les violences entre le Hamas et le Fatah. Il n'aurait jamais permis que cela se produise.» Le mouvement islamiste a pris le contrôle de la bande de Gaza à la mi-juin suite à un coup de force au cours duquel plus de 110 Palestiniens ont été tués et des centaines d'autres blessés.
«Sous Abou Amar [nom de guerre de Yasser Arafat, ndlr], il n'y avait qu'un seul peuple, pas de différence entre le Fatah et le Hamas. Il était plus qu'un leader, c'était le symbole du peuple palestinien, le seul à pouvoir maintenir l'unité nationale», renchérit Mohammed, 17 ans. «Cette année tout a changé avec la guerre civile qui a opposé le Hamas et le Fatah à Gaza.»
Scepticisme
Lors de son allocution, le président palestinien Mahmoud Abbas n'a pas ménagé le mouvement islamiste: «Nous ne laisserons pas ces forces des ténèbres prendre en otage notre histoire et fermer la porte à notre futur», a-t-il lancé. «Ils ne peuvent, à travers leurs appels à un dialogue sans condition, masquer la réalité qu'ils ont imposée de leurs mains sur le terrain en accélérant la création d'une entité séparée et isolée, contrôlée par une clique ignorant la démocratie», a-t-il ajouté, en faisant référence à la prise de pouvoir du Hamas à Gaza.
Mahmoud Abbas a également fait allusion à la réunion internationale sur le Proche-Orient qui doit se tenir à Annapolis, aux États-Unis, à la fin du mois, la qualifiant de «chance historique». Négociateurs palestiniens et israéliens tentent depuis plusieurs semaines de parvenir à un document commun définissant les contours d'un règlement. Mais aucun progrès significatif dans les discussions n'a encore été annoncé.
Mais M. Abbas reste confiant. «Nous voyons [cette réunion] comme une chance historique d'ouvrir un nouveau chapitre dans l'histoire du Proche-Orient, avec principalement la création de notre État palestinien indépendant et Jérusalem comme capitale [...]», a affirmé M. Abbas.
Au cours de son discours, M. Abbas a formulé le voeu que la conférence permette de «récupérer les terres palestiniennes et arabes occupées en 1967 et d'instaurer la sécurité et la paix pour nous, pour les Israéliens et pour les États et les peuples de la région». Mais dans la foule rassemblée devant la Mouqataa, de nombreux Palestiniens ne cachaient pas leur scepticisme sur les capacités du président palestinien à obtenir des concessions israéliennes, en regrettant les années Arafat.
«Aucun autre président ne pourra prendre la place d'Abou Amar. Il n'avait pas peur de descendre dans la rue, de parler aux gens ordinaires, il aidait les pauvres. Ceux qui l'ont remplacé vont à Tel-Aviv pour se soûler avec les Israéliens!», s'insurge Mohammed, avant de se faire rappeler à l'ordre d'un coup de coude et d'un regard outré par un de ses amis, membre du Fatah, qui se tient à côté de lui. «Nous aurions besoin de quelqu'un comme Arafat pour discuter avec les Israéliens», estime quant à elle Wajeeha Abu Rub, secrétaire au ministère palestinien de l'Éducation. «Mahmoud Abbas n'arrachera aucune concession à Israël.»

