Opinion

Les petites entreprises et la culture

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Yves Dupré, Président du Conseil d'Octane communications et président du c.a. de l'Usine C et de Culture pour tous

Édition du lundi 12 novembre 2007

Mots clés : financement, organismes, entreprises, Culture, Québec (province), Montréal

Lorsque l'on parle de l'appui du secteur privé à la culture, on pense spontanément aux grandes et aux moyennes entreprises et aux mécènes (fondations ou citoyens fortunés que la culture passionne). C'est, bien entendu, non seulement souhaitable, mais parfaitement normal. On sait que l'on y trouvera, en qualité et en quantité, les ressources humaines et financières recherchées.

C'est ainsi qu'un grand nombre d'organismes culturels, des plus établis aux plus émergents, comptent un ou plusieurs gens d'affaires soit au conseil d'administration, soit à la tête de campagnes de financement. Mais qu'en est-il des plus petites entreprises? Quoique les statistiques à ce sujet soient muettes, je sais, pour en connaître plusieurs, que les dirigeants de petites entreprises sont présents au sein d'organismes culturels très diversifiés. On est toutefois bien loin du compte.

Au moment où Montréal tient un grand Rendez-vous sur la culture, au moment où on parle de «Montréal métropole culturelle», on ne peut se permettre, me semble-t-il, de ne pas inviter les petites entreprises à sauter dans le train. Encore faut-il le faire pour les bonnes raisons. Et la meilleure de toutes les raisons c'est que les deux parties -- les artistes et les entrepreneurs -- tireront profit de leur collaboration.

Je ne connais pas un entrepreneur, quel que soit son secteur de prédilection, qui n'a pas besoin de créativité pour développer son produit ou son marché. Faute de pouvoir inviter un artiste à son conseil d'administration (peu en ont un), il pourrait en faire un partenaire de ses séances de remue-méninges... par exemple. D'autre part, les organismes culturels -- traditionnels ou émergents -- ont besoin de stratégies de mise en marché et de marketing pour se distinguer de la concurrence, accroître les nombre d'abonnés ou augmenter la taille de leurs clientèles, par exemple.

Les petites entreprises disposent de ressources efficaces qui apporteront non seulement une vision fraîche du développement mais également une expertise tout à fait appropriée. Quand verrons-nous des entrepreneurs s'associer à un organisme culturel pour promouvoir une tournée dans un coin du monde où ils espèrent faire des affaires?

Fort heureusement, les clichés sur les artistes et sur les entrepreneurs s'étiolent (trop lentement mais non moins réellement). Il faut profiter du Rendez-vous 2007 pour créer des liens, établir des ponts et adopter des plans d'action (pas des listes d'épicerie) destinés à mettre en présence artistes et petites entreprises. On doit féliciter la Chambre de commerce de Montréal de sa présence comme pilier du Rendez-vous. Elle dispose de moyens éprouvés pour faire du maillage. Des moyens dont elle pourrait faire profiter tant le milieu culturel que celui des plus petites entreprises par ailleurs déjà très présentes à la Chambre. L'image de «Montréal métropole culturelle» en profitera, n'en doutons pas.


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