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Montoya Yvon (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le dimanche 11 novembre 2007 07:00



Un des grands maîtres de la prose poétique russe du premier XXe siècle, Zamiatine, écrivit en 1920 un bel ouvrage, « Nous autres ». Un ouvrage qui marqua des générations de jeunes hommes et femmes qui se battaient contre le totalitarisme. C'est une expression terrible puisque nous avons vu ce que cela fit il n'y a pas longtemps dans l'ex-Yougoslavie et ailleurs. Il faut dire que là, il y avait 35 ans de marmite bien explosive. Alors le « Nous » est un mot si exclusif, si peu inclusif (paradoxe presque platonicien) que oui, cela fait peur. Tout est si fragile dans la nature politique humaine. Ce « Nous » qui fit aussi que les autrichiens, au rattachement de leur petit pays à l'Allemagne, poussèrent les juifs « dégénérés » dans les rues munis de brosses à dents pur nettoyer les pavés un à un.
« Dégénérés » comme la chanson des Aïeux, Dégénération. Voyez le clip où l'on voit un Québec à la mode des rats des champs et rétrograde (en URSS, on avait Petrograd). Un Québec rural, loin de sa réalité, loin de sa modernité. C'est comme si on disait aux jeunes d'aujourd'hui de retourner à la campagne des grands-parents pour conduire le cheval aux champs. Ça ressemble à al fête des mères instaurée par le régime de Vichy à la mode pétainiste pour célébrer Travail, Famille, Patrie (en fait de revaloriser le rôle de la femme au foyer comme dans la chanson des « Aïeux »!). Peut-être que quelques européens peuvent aider à éviter ce genre de catastrophe. En écoutant cette chanson, on pourrait croire qu'elle fut écrite par le curé du village. Alors, ce « nous » me devient incompréhensible.
« D'où le retour au «nous». Et à l'acceptation de notre passé chrétien, dont Lisée parle à plusieurs occasions dans sa plaquette. » Ce que l'on lit dans cet article, c'est cette contradiction là. La république est une notion large et commune à ce qui doit fonder un État et un pays. C'est ouvert au monde et ça a une devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Le passé chrétien suppose une église rassembleuse où je n'ai pas accès puisque je n'ai pas la foi, ce n'est pas suffisamment laïc pour moi. Mais cela peut aider Lisée dans le phénomène de la langue puisque grâce au baptême de l'esprit chacun et chacune peut communiquer avec Dieu avec la langue que celui-ci lui a envoyé. Dans ce cas d'espèce, on n'a pas besoin de français mais d'instituer dans la nouvelle constitution québécoise, la glossolalie (Pour les chrétiens, la glossolalie correspond au « parler en langues », phénomène décrit dans les Actes des Apôtres (II, 6 sq.).
Oui vous avez raison puisque je ne suis pas « Nous » qu'il faudrait mieux pour moi de ne plus intervenir dans votre famille qui est « un forum de nationaleux qui apprennent à marcher, à converser, à discuter et à organiser sa pensée ».je ne crois pas être le bien venu. Mais comme il y a des valeurs à défendre, la faiblesse est de vouloir le faire. Il faut dire que très jeune, dès ma naissance, j'ai eu à l'oreille cette expression véridique possédant un lourd poids Historique (avec une grande hache) : « La valise ou le cercueil!». Comme ma famille ne pouvait plus trouver de cercueils, elle fut obligée de prendre la valise. C'est ce que j'entends actuellement au Québec avec le « Nous ».

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