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Savoir, en français
Ayant enseigné 32 ans dans des écoles primaires, la dictée n'est pas une panacée, mais un moyen efficace de développer la «compétence» écrire correctement. À condition que ce soit une dictée intelligente, selon le niveau de l'élève. En dictant, aiguiller l'élève sur ses acquis, les accords, les homonymes, etc. Ce faisant, on amène l'élève à se poser des questions en rapport à ce qu'il connaît.
Mais, le plus gros morceau, à mon avis, est celui de l'effort. Je ne sais plus quand, ça doit dater de 20 ans, nous est arrivé la merveilleuse ARNQUE que l'apprentissage devait être AGRÉABLE, FACILE, JOYEUX. D'où l'évidence que l'enfant SAIT ce qui est bon pour LUI, que l'adulte doit l'écouter et tenir compte de SES avis, goûts et CAPRICES. Les savants «gogues» du ministère, NOMBREUX et friands de nouveauté, ont su nous concocter un NOUVEAU programme sur mesure : apprentissage par projets, par compétences. Pas mauvais en soi, l'idée, mais, pour faire des projets, il faut d'abord avoir acquis des connaissances de base... Or, apprendre la grammaire, les tables de multiplication, un peu d'histoire, un regard sur la géographie, quelques notions de physique, de chimie, de géométrie ça n'a rien de joyeux, d'agréable et, sans ces notions de base, les projets risquent de battre de l'aile.
Étant enseignant, j'ai de 1972 à 2004, toujours déploré le manque de culture de mes collègues enseignants. Et la relève s'avère encore davantage en manque de... Une jeune collègue qui complétait ma tâche d'enseignement a su présenter à mes élèves, «en sciences humaines», la notion de «parallèles» sans faire mention des «méridiens». Quand j'ai exprimé à ma classe ma surprise, mes élèves m'ont trouvé «ben cheap»! Méridiens et parallèles, il me semble que ce sont des éléments indissociables. Et que ce sont des notions conceptuelles, imaginaires, mais tangibles et fort utiles. Ma classe a pris parti pour la jeune collègue. Culturellement, ils étaient proches : même musique, mêmes films, même «langage» cool...
Pour enseigner, il faut des connaissances et, surout, de la passion. La passion est, je crois, la seule vraie pédagogie, avec un minimum de savoir, de connaissance, plus beaucoup, beaucoup de curiosité.
