J'en ai marre de ceux et celles qui s'insurgent contre ce projet de loi au nom de la rectitude politique. Pensez-vous qu'on accepterait un député au Japon qui ne parlerait pas japonais ou un maire en Turquie qui ne parlerait pas turc ?! Comment peut-on traiter de raciste, de xénophobe un projet de loi qui dit qu'un représentant du peuple, pour avoir droit à se proposer comme tel, devrait être en mesure de parler la langue de la majorité de ses électeurs ?! C'est l'évidence même ! Il faut être complètement colonisé ou taré ou de mauvaise foi pour ne pas comprendre le bien-fondé de cette proposition. Et j'en ai marre de la mauvaise foi de ces néo-Québécois qui font semblant de ne pas comprendre la différence entre s'intégrer et s'assimiler. On ne demande pas aux immigrants de s'assimiler et de ne plus jamais parler leur langue, pratiquer leur religion, manger leur bouffe ou conserver leur tradition sous peine de pendaison ! On leur demande de s'intégrer à la majorité, ce qu'ils devraient faire de toute façon peu importe le pays où ils auraient choisi d'aller. Intégration ne veut pas dire assimilation! Les immigrants au Danemark apprennent le danois et ceux qui vont en Finlande apprennent le finlandais. Pourtant, ce sont deux langues relativement «inutiles», puisqu'elles ne sont parlées que par environ 5 millions d'habitants dans le monde. Mais on ne peut pas vivre au Danemark sans parler danois, ni en Finlande sans parler finlandais. Il n'y a qu'à Montréal, me semble-t-il, où l'on peut passer sa vie entière sans parler un mot de français sans pour autant en souffrir socialement ou pécunièrement ! Le français est une grande langue internationale, la deuxième la plus étudiée dans le monde après l'anglais. Il y a pire torture dans le monde que de demander aux néo-Québécois qu'ils apprennent notre belle langue comme condition sine qua non d'y être les bienvenus ! Ceux qui vivent ici depuis des années et qui refusent d'apprendre le français ne méritent pas de bénéficier de notre système puisqu'ils n'en font pas réellement partie. Quand tu ne t'intéresses pas aux gens qui forment plus de 80% de la population de l'endroit où tu habites, tu as de sérieux problèmes. Apprendre le français ne force personne à ne plus parler sa langue ou à ne pas apprendre l'anglais. S'intéresser minimalement à l'histoire et à la mentalité des Québécois francophones ne veut en aucun cas dire qu'il faille oblitérer son passé, ses croyances, ses valeurs. À la rigueur, on ne force personne à nous aimer, on demande juste aux immigrants d'apprendre à nous connaître et comme ça, s'ils ne nous aiment toujours pas, au moins, leur opinion sera fondé sur des faits, des expériences personnelles et non pas sur des clichés malveillants colportés par The Gazette et autres médias anglophones antiindépendantistes. Et quand on n'aime vraiment pas les gens qui nous entourent, on devrait avoir la décence d'aller ailleurs plutôt que de taper sur la tête de nos hôtes tant honnis. Le Québec n'est pas une prison et la Terre est si vaste...