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Montoya Yvon (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le samedi 10 novembre 2007 10:00



À l'université, les profs en général n'aiment pas lire dans les travaux écrits le «Nous » royal. Ils disent : »pour qui vous prenez-vous pour parler au nom des autres de la sorte! » Je dis la même chose à Lisée, pour qui vous prenez vous pour parler ainsi de moi? Imaginons un instant le Québec sans commencement, c'est-à-dire sans ce « futur » Nous. Le premier canadien français ou non fut un premier « immigrant ». Je vois mal les amérindiens dire nous sommes des »immigrants » mais je comprendrais mieux si les premiers européens le disent. Ça, c'est ce qu'on devrait apprendre de prime abord à l'école. Je ne suis pas un « futur nous », c'est mal juger de ma réalité. Je refuse absolument d'être assimilé parce que je suis un être libre et les droits de l'homme me garantissent cette liberté. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est essentiel pour le respect d'un individu ou groupe à un autre individu ou groupe.
« D'où le retour au «nous». Et à l'acceptation de notre passé chrétien » Voilà le problème majeur du Québec. Cette province qui crie sur tous les toits qu'il est laïc mais qui dans le fond a encore une profonde et réelle nostalgie de la période Duplessis. Ce passé chrétien ne peut être ni devenir un avenir laïc et moderne. On comprend mieux la situation réelle, ontologique, du problème actuel de l'identité québécoise, les accommodements raisonnables. Ce fond catholique que le Québec n'a pas réussi à faire parti. Ça parle et ça exclut. La grande noirceur est toujours là, tapie au sien même du Parti Québécois. (Lisez mon livre pondu en 1999 avec Pierre Thibeault, Frénétiques, treize intellectuels québécois répondent à la question: « Quelle est votre perception de la culture au Québec à l'aube du XXIe siècle? » aux éditions Triptyque). Rien n'a changé jusqu'à aujourd'hui.
Il y a de la nostalgie là-dedans. Nous savons que les principes judéo-chrétiens ont alimenté, en Europe, toutes les mouvances proto-fascistes et fascistes. Les progressistes sont montrés du doigt et les discours sont de plus en plus démagogiques. D'ailleurs, en Europe, lorsqu'on parle politique, on ne va pas parler avec les représentants de l'Église catholique comme on a tendance à le faire ici.
Ainsi donc, il n'y a qu'à partir. Vous n'aurez plus de travailleurs immigrants (un rêve juste pour voir) et nous laisserons les 'Nous » entre eux « qu'ils peuplent ces usines et ces entreprises bientôt sous-utilisés. » (Lisée avec des changements); qu'il n'y ait plus d'étudiants enfants d'immigrants pour « qu'ils peuplent ces cégeps et ces universités bientôt sous-utilisés. » De ce point de vue, Lisée n'a pas tord. Pendant ce temps-là, les autres Provinces s'enrichisseront de cet apport fondamental de l'immigration.
Dommage car les québécois sont u peule si attachant qu'on s'attriste à les voir manipulés de la sorte par des forces très sombres qui font vraiment très peur.

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