Un proche des Hells Angels - Le procès de l'avocat Cliche avorte
Mots clés : Benoît Cliche, Hells Angels, Criminalité, Justice, Montréal, Québec (province)
Les jurés n'ont pas réussi à s'entendre sur un verdict

Photo: Jacques Nadeau
Les délibérations ont été si intenses que le juge de la Cour supérieure du Québec, Jean-Guy Boilard, avait permis à la jurée numéro sept de mettre fin à sa participation pour des raisons de santé. La mère de deux enfants souffrait de haute pression et le niveau de stress associé aux travaux s'était avéré trop élevé.
Presque toute la preuve de la Couronne reposait sur le témoignage du délateur André Bernier, un criminel repenti. Selon M. Bernier, Cliche agissait comme messager entre le chef du gang, Steven Bertrand, et jouait le rôle de médiateur lors des disputes liées à la drogue entre les membres du gang.
L'équipe responsable de la défense de Cliche avait fait valoir qu'André Bernier avait menti pendant toute sa carrière, qu'il avait été payé 675 000 $ par la police pour trahir son ancien collègue et qu'on ne pouvait pas se fier à lui.
Le juge Boilard avait indiqué aux jurés qu'ils ne devaient pas ignorer le témoignage de M. Bernier simplement parce qu'il avait reçu de l'argent, puisque la police n'avait pas le choix d'offrir quelque appât lorsqu'elle infiltrait une organisation criminelle.
La Couronne avait aussi fait valoir que Cliche avait tenté de faire déraper l'enquête policière en exhortant le frère de M. Bernier, Claude, de refuser de témoigner.
Selon le procureur Pierre Proulx, Cliche était inhabituellement près de ses clients Hells Angels lorsqu'il les représentait. Cliche était par ailleurs un ami d'enfance de Steven Bertrand.
Cliche avait aussi été aperçu en train de danser avec le chef des Hells Angels, Maurice Boucher, dans un mariage en 1999.
Un juré avait demandé au juge Boilard comment tracer la ligne entre les activités de représentation légales d'un avocat et sa possible implication dans des activités criminelles. Le juge avait alors averti les jurés de ne pas faire trop de cas des liens personnels de l'accusé et leur avait rappelé que les avocats sont soumis aux mêmes lois que n'importe quel autre citoyen.
Les jurés avaient reconnu jeudi être dans une impasse. Le magistrat leur avait alors répété qu'il était souhaitable qu'ils en viennent à un verdict. Il les avait laissés libres de leur horaire hier, leur indiquant qu'ils pourraient commencer et terminer leurs délibérations au moment qui leur plaira.
Le juge Boilard leur avait recommandé de se changer les idées, jeudi soir, en regardant un film ou le hockey, et d'éviter de penser au procès.

