Les commissions scolaires prennent les enfants en otages, accuse l'ADQ

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La Presse canadienne
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 novembre 2007

Mots clés : Action démocratique de Québec, enfants, éducation, Commission scolaire, Parti politique, Québec (province)

Québec -- Pendant qu'elles accumulent des millions dans leurs coffres, les commissions scolaires prennent les enfants du Québec en otages, soutient l'Action démocratique du Québec.

Les députés adéquistes Gilles Taillon et François Desrochers ont affirmé hier que des surplus accumulés de 309 millions de dollars prouvent «la mauvaise gestion» des commissions scolaires.

Ils ont demandé à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, de mettre en place un plan de remboursement afin que les administrateurs scolaires retournent aux écoles les sommes engrangées.

«Les enfants sont pris en otages par cette structure, qui a été rejetée par 93 % de la population», a lancé le député Desrochers, en faisant référence au faible taux de participation de 7 % à l'élection scolaire de dimanche dernier.

Le porte-parole adéquiste en matière d'éducation a accusé la ministre Courchesne de cautionner les surplus des commissions scolaires, qui sont amassés «au détriment des besoins et des services dans les écoles».

Son collègue Gilles Taillon a estimé que les administrateurs scolaires devraient se contenter de surplus représentant 0,5 % de leur budget, et non de plus de 3 % comme c'est le cas pour certaines commissions scolaires.

«Un léger surplus, c'est beaucoup mieux qu'un déficit, mais je ne pense pas que ce soit un critère de bonne gestion en administration publique que de nager dans l'argent. C'est plutôt un signal qu'on n'offre pas les services correctement», a soutenu M. Taillon, porte-parole de l'ADQ en matière de finances.

«Ce qu'il faudrait faire avec la marge de manoeuvre qu'on dégage chaque année, c'est qu'au lieu de la mettre dans un coffre-fort, il faudrait la remettre en services aux élèves», a-t-il ajouté.

François Desrochers a déclaré que cet argent pourrait servir à embaucher 8500 spécialistes pendant un an, ou à renouveler complètement les équipements informatiques dans les écoles.

Pour sa part, la Fédération des commissions scolaires a déploré cette nouvelle attaque de l'ADQ à son endroit.

«C'est rendu du harcèlement, du charriage», a répliqué le président, André Caron, selon qui «ça n'a pas de bon sens de dire des choses comme cela».

Il soutient par ailleurs que la Fédération ne peut retourner 309 millions aux écoles puisqu'une part de 200 millions des surplus a été accumulée par les établissements eux-mêmes.

«Puis, c'est plutôt de la bonne gestion de conserver un coussin pour faire face à des urgences, comme des congés prolongés ou des réparations majeures», a conclu M. Caron.


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