Radio Nord ne ferme pas la porte à TQS

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La Presse canadienne
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 novembre 2007

Mots clés : télévision, TQS, Radio Nord, Économie, Média, Québec (province)

Alors qu'Astral Media repousse du revers de la main l'acquisition du réseau de télévision TQS, Radio Nord Communications Media (RNC), déjà propriétaire de deux stations affiliées de TQS, ne ferme pas la porte.

«On suit l'évolution du dossier de près, ça c'est clair», a déclaré le président et chef de l'exploitation de RNC Media, Reynald Brière, lors d'un entretien téléphonique, hier.

Il faut dire que Radio Nord, avec ses deux stations affiliées de TQS, subirait les contrecoups de toute transaction touchant au réseau, qui appartient actuellement à Cogeco (à hauteur de 60 %) et à CTVglobemedia (40 %).

La semaine dernière, Cogeco et CTVglobemedia ont annoncé qu'ils avaient retenu les services de Marchés mondiaux CIBC afin «d'évaluer les choix stratégiques» à l'égard du réseau déficitaire. Une porte-parole de Cogeco avait alors reconnu que la vente faisait partie des possibilités envisagées.

M. Brière a précisé hier que personne n'avait encore «sollicité» Radio Nord au sujet de TQS. Le dirigeant a ajouté qu'il ne disposait pas encore de toute l'information nécessaire pour tirer des conclusions dans le dossier.

«On va examiner toutes les possibilités, a-t-il affirmé. Nous autres, on est un groupe en croissance et on ne ferme jamais la porte à une opportunité.»

De son côté, Alain Bergeron, vice-président, gestion de la marque et communications corporatives chez Astral Media, a exclu tout intérêt à l'endroit de TQS, soulignant que l'entreprise ne s'intéressait pas à la télévision conventionnelle.

Même son de cloche chez Gesca, la filiale médias de Power Corporation. La vice-présidente aux communications de l'entreprise, Caroline Jamet, a déclaré plus tôt cette semaine au canal Argent qu'il n'était pas question d'acquérir TQS.

Rogers Communications a pour sa part refusé de commenter le dossier.

Difficultés

La semaine dernière, TQS a annoncé la suppression d'une quarantaine de postes dans l'espoir de redresser sa situation financière.

C'est la décision de la Société Radio-Canada de désaffilier ses stations régionales de Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay de celles de TQS dans ces villes, en septembre, qui a poussé Cogeco à revoir sa participation dans le deuxième réseau de télévision privé au Québec.

La décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de ne pas imposer aux câblodistributeurs le versement de droits d'abonnement aux télédiffuseurs conventionnels a aussi pesé dans la balance. Cogeco déplore que la télévision généraliste ne puisse pas bénéficier des mêmes sources de financement que les canaux spécialisés alors que ses parts de marché ne cessent de reculer face aux nouveaux venus.

De plus, pour se préparer au passage obligatoire à la haute définition, en 2011, TQS devra procéder à des investissements en capital «importants».

Lorsque Quebecor avait dû se départir de TQS dans la foulée de l'acquisition de Vidéotron et du réseau TVA, à l'automne 2000, il avait fallu près d'un an pour que Cogeco et CTVglobemedia acceptent de racheter l'entreprise.

En 2002, TQS était évaluée à 180 millions de dollars.

Cogeco a dit «espérer» que l'examen stratégique de TQS se déroule «rapidement», mais n'a pas donné d'échéancier.


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