Prix Lionel-Boulet - Science pour tous
Mots clés : Prix Lionel-Boulet, Maher Boulos, Prix, Québec (province)

Au début des années 90, il fonde Tekna Système Plasma inc. «J'ai d'abord créé cette entreprise parce je ne voulais plus que cette technologie demeure confinée au laboratoire.» De modeste entreprise dérivée à son départ, Tekna compte maintenant plus de quarante employés et dessert des clients un peu partout dans le monde. Récemment, Maher Boulos a pris sa retraite en tant que professeur régulier à l'Université de Sherbrooke. «Je conserve encore un lien avec l'enseignement, puisque je demeure professeur associé, explique-t-il, mais il s'agit d'un changement de cap. Je délaisse ma carrière académique pour une carrière industrielle. Ma principale activité est maintenant la gestion de Tekna.»
Parmi les applications des plasmas thermiques, il y a la fabrication de poudres industrielles. C'est sur cette application que Maher Boulos a concentré l'essentiel de ses travaux. Grâce à un chalumeau à plasma thermique couplé à d'autres instruments, il a mis au point des équipements et des procédés dans le domaine de la sphéroïdisation des poudres et dans la production de nanopoudres. «Il y a beaucoup d'intérêt dans le monde aujourd'hui pour les nanomatériaux, comme les nanopoudres. Environ la moitié de nos ventes proviennent du domaine de la nanotechnologie. Les nanopoudres sont utilisées en haute technologie, ce qui explique que nous avons beaucoup de ventes en provenance de l'Asie, en particulier de la Corée et du Japon.»
Une nouvelle étape
Si Maher Boulos a choisi de se concentrer sur la gestion de Tekna, c'est que l'entreprise a présentement le vent dans les voiles. «Depuis quelques années, l'entreprise est sur une courbe ascendante, avec une croissance annuelle entre 20 à 30 %.» C'est parce que non seulement les technologies mises au point par Maher Boulos sont performantes et ont fait leurs preuves, mais aussi parce que d'autres applications se pointent le nez.
«Une nouvelle application est celle de la fabrication de poudres de matériaux résistantes, comme à partir de carbure de tungstène, qu'on utilise dans la fabrication de matériaux métalliques résistant à l'usure. Cela est lié directement à l'exploitation pétrolière, en particulier l'exploitation des sables bitumineux, dont les équipements utilisés subissent beaucoup d'usure.»
Cette nouvelle application, de plus, vient changer la mission de l'entreprise. «Au départ, nous étions uniquement équipementier. On mettait en place un équipement pour un procédé industriel que voulait utiliser un client. Mais maintenant, nous fabriquons nous-mêmes des poudres pour des clients.»
Les liens avec le Québec
Bien que les technologies développées par Maher Boulos ne connaissent pas de frontières, le lien avec le Québec demeure fortement tissé. L'entreprise, dont le siège social est à Sherbrooke, n'hésite pas à embaucher de jeunes diplômés québécois. «Cela est dû à mon travail auprès des jeunes à l'université. Je trouve qu'il est intéressant d'avoir des jeunes dans une entreprise, et cela favorise son développement. Par ailleurs, une bonne partie des succès de Tekna leur appartiennent.»
Et Maher Boulos demeure attaché à l'Université de Sherbrooke. En tant que professeur associé, certes, mais aussi parce que Tekna Systèmes Plasma et le CRTP demeurent encore, après 17 ans, d'excellents collaborateurs. «Une grande partie de ma recherche fondamentale se fait encore au laboratoire par le biais de contrats de recherche. Nous sommes encore très liés.» En effet, cette collaboration a reçu l'an dernier le prix Synergie du CRSNG, qui vient souligner l'association entre une université et une entreprise.
Et c'est sans compter que Maher Boulos croit que la technologie du plasma thermique est construite sur mesure pour le Québec. «Afin de générer autant de chaleur, un plasma thermique consomme énormément d'électricité. Et au Québec, grâce à l'hydroélectricité, nous sommes en mesure d'en fabriquer beaucoup. C'est donc un secteur où le Québec possède tout ce qu'il faut pour se distinguer.» Conscient des enjeux énergétiques, Maher Boulos consacre une partie de ses efforts à augmenter l'efficacité énergétique de ses plasmas thermiques. «S'il est difficile de baisser la consommation en électricité puisqu'elle est nécessaire à la création et au maintien du plasma, on peut par contre les rendre plus efficaces en augmentant la capacité de production.»
Quant au Prix du Québec Lionel-Boulet qu'il reçoit, Maher Boulos se dit plus qu'honoré. «Je suis évidemment très fier car il s'agit d'un prix très prestigieux.» Mais ce n'est pas le prestige qui accompagne ce prix qui le touche droit au coeur. «Ce à quoi je suis le plus sensible, c'est que ce prix m'est accordé par le pays où je me suis établi. C'est ça qui est précieux pour moi.»
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Collaborateur du Devoir
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