Harper rejette l'idée de Charest
Mots clés : Jean Charest, Stephen Harper, Relations fédérales-provinciales, Dollar, Canada (Pays), Québec (province)
Québec réclame une «conférence» mais Ottawa veut une «rencontre informelle». Et pas au sujet du huard!
Québec -- S'il est disposé à rencontrer les premiers ministres provinciaux de manière «informelle» au 24 Sussex, Stephen Harper n'est toutefois pas très chaud à l'idée de discuter avec eux de la «flambée du dollar». C'est pourtant ce qu'a explicitement réclamé le premier ministre du Québec hier.Mais au bureau du premier ministre Harper, on ne semblait pas très chaud à l'idée d'aborder ce sujet: «Le dollar canadien n'est pas la compétence des provinces ou du fédéral, c'est la compétence de la Banque du Canada», a répondu l'attaché de presse du premier ministre, Dimitri Soudas. Vendredi, M. Harper avait rejeté une demande d'intervention fédérale formulée par le ministre québécois du Développement économique, Raymond Bachand. «Il y a des difficultés qui proviennent de la force du dollar, mais au bout du compte, c'est la responsabilité de la Banque du Canada», avait déclaré le premier ministre. Hier, devant la Chambre de commerce de Québec, M. Bachand a demandé que la Banque du Canada donne un «signal clair» et réduise les taux d'intérêt.
Au reste, même sur le sujet plus large de l'économie canadienne, le fédéral n'a pas grand-chose à ajouter à ce qu'il a récemment dit, a soutenu M. Soudas: «Le discours du Trône et la mise à jour économique et financière énoncent tous les deux le programme du gouvernement pour renforcer l'économie et améliorer le fonctionnement de la fédération.»
Rencontre ratée
Dans l'entourage du premier ministre fédéral, on soulignait par ailleurs que celui-ci n'a pas attendu l'invitation de Jean Charest pour informer le Conseil de la fédération qu'il souhaitait rencontrer ses homologues provinciaux. Déjà, en mai dernier, M. Harper avait tenté d'organiser une rencontre aux environs du 2 juin. Il avait alors informé le président actuel du Conseil de la fédération (qui regroupe tous les chefs de gouvernement provinciaux et des territoires), Shawn Graham, premier ministre du Nouveau-Brunswick, «qu'il souhaitait recevoir les premiers ministres provinciaux pour une rencontre informelle». Les sujets abordés auraient été la mondialisation, la compétitivité et l'union économique canadienne. Mais les horaires ne se sont pas avérés compatibles. Par la suite, la multitude d'élections provinciales (Terre-Neuve, Ontario, Saskatchewan, etc.) a rendu la rencontre impossible à fixer.
Récemment, M. Harper a de nouveau informé M. Graham qu'il souhaitait «recevoir les premiers ministres provinciaux pour une rencontre informelle plus tard cette année ou au début de l'année 2008», mais pas pour une «conférence». Les sujets à l'ordre du jour n'avaient pas encore été arrêtés hier, a-t-on dit au bureau de M. Harper.
La dernière fois que M. Harper a pu échanger en personne avec tous ses homologues provinciaux, c'était il y a 21 mois, en février 2006, à l'occasion d'un repas au 24 Sussex, après le sommet sur l'enseignement postsecondaire à Ottawa. Depuis, les relations entre M. Harper et plusieurs premiers ministres provinciaux se sont dégradées, entre autres avec Dany Williams, à Terre-Neuve. De toute façon, a insisté M. Soudas, «le premier ministre parle très souvent à ses homologues provinciaux et les rencontre très souvent».
Dans l'entourage du premier ministre Charest, on semblait légèrement irrité hier du peu d'empressement de M. Harper à discuter dollar et économie avec ses homologues provinciaux. «Ils feront ce qu'ils voudront, mais la réalité, à un moment donné, c'est que le secteur manufacturier connaît de vraies difficultés, comme le secteur forestier», a-t-on confié. Une source a fait remarquer qu'«à un moment donné, il va falloir que les premiers ministres se parlent dans ce pays-là, au lieu de se parler par médias interposés».
Quant à lui, l'attaché de presse de M. Charest, Hugo d'Amours, a dit en fin de journée hier qu'il ne fallait pas trop s'attarder au type de rencontre (informelle ou conférence) que les premiers ministres auront: «À partir du moment où tous les premiers ministres sont assis autour d'une table avec M. Harper... l'important, c'est qu'ils puissent se parler.» M. d'Amours a aussi souligné que M. Charest et ses homologues sont désireux de discuter non seulement du dollar mais de «tous les leviers avec lesquels on peut aider les entreprises à traverser cette période de transition».
Notons qu'il y a 20 ans, dans l'accord du Lac-Meech, les premiers ministres s'étaient entendus pour inclure dans la Constitution l'obligation, pour le premier ministre du Canada, de convoquer «au moins une fois par an une conférence réunissant les premiers ministres provinciaux et lui-même et portant sur l'économie canadienne ainsi que sur toute autre question appropriée». Mais on connaît le destin de cet accord.
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Le vendredi 09 novembre 2007 11:00
Tiens, tiens ! - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le vendredi 09 novembre 2007 09:00
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