À moins d'un mois du référendum - La tension monte au Venezuela
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Caracas -- À moins d'un mois du référendum sur la réforme constitutionnelle, la tension monte au Venezuela, où les autorités universitaires ont accusé hier le président Hugo Chávez d'incitation à la violence, au lendemain d'une attaque dans un campus.
«Nous lançons un appel aux autorités publiques, au président [Chávez] et aux représentants du gouvernement pour qu'ils mettent fin à l'incitation à la violence», a déclaré le vice-recteur de l'UCV, Eleazar Narvaez.
Le week-end dernier, M. Chávez avait recommandé au gouvernement d'avoir «la main dure» avec les étudiants opposés à sa réforme de la Constitution, qui prévoit le renforcement de ses pouvoirs et l'instauration d'un État socialiste.
«Nous n'allons pas tolérer que ces enfants gâtés, ces gosses de riches nés avec une cuillère d'argent dans la bouche viennent dévaster le centre de Caracas», avait-il déclaré.
Une soixantaine de personnes circulant en moto ont pénétré sur le campus avant d'ouvrir le feu sur des étudiants qui rentraient d'une nouvelle marche de protestation contre la réforme. Ce groupe armé a séquestré pendant plusieurs heures des professeurs, des étudiants et des employés, a affirmé M. Narvaez.
Les étudiants, qui ont déposé un recours dans l'espoir d'obtenir un report du référendum populaire prévu le 2 décembre sur la réforme constitutionnelle, ont annoncé leur intention de porter plainte auprès du ministère public à la suite de l'attaque de l'université.
Ricardo Sanchez, l'un des responsables du centre des étudiants, a indiqué qu'ils allaient remettre à la justice plusieurs vidéos et photographies de l'agression, réalisées par les élèves eux-mêmes à l'aide de leur téléphone portable.
Le ministre de l'Intérieur, Pedro Carreño, a assuré que le gouvernement rejetait «catégoriquement ces actes de violence», tout en exhortant «les autorités universitaires à réfléchir».
Les étudiants incarnent depuis plusieurs jours le mouvement de protestation. De précédents rassemblements avaient été émaillés d'incidents avec la police mais aussi avec des partisans du régime.
D'anciens dignitaires du régime sont aussi montés au créneau, comme l'ancien ministre de la Défense, le général à la retraite Raúl Baduel, qui a comparé le texte à un «coup d'État».
La nouvelle Constitution offre au chef de l'État la possibilité de se présenter indéfiniment à la présidentielle ou encore de décréter un état d'exception autorisant la censure pure et simple de la presse.
Sur le plan économique, la réforme met fin à l'autonomie de la banque centrale et proclame la poursuite des nationalisations dans le secteur de l'énergie et du pétrole, dont le Venezuela est le sixième pays exportateur au monde.

