L'union des arts et de la musique

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Isabelle Paré
Édition du vendredi 09 novembre 2007

Mots clés : Ars Musica, MBAM, Pierre Bourgie, Musée, Musique, Montréal

Le mécène Pierre Bourgie crée la fondation Ars Musica en partenariat avec le Musée des beaux-arts de Montréal

L'église Erskine and American accueillera en 2010 une salle de spectacle de 450 places grâce à la  fondation Ars Musica, dont la création a été annoncée hier par le mécène Pierre Bourgie.

Photo: Jacques Nadeau

On aurait pu entonner la marche nuptiale de Félix Mendelssohn, rue Sherbrooke hier, pour sceller le mariage qui s'annonce entre le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et l'église Erskine and American. Déjà appelée à intégrer le futur pavillon d'art canadien du MBAM, l'église accueillera également une salle de spectacle grâce à la fondation Ars Musica, dont la création a été annoncée hier par le mécène Pierre Bourgie.

Par cette nouvelle union entre l'institution muséale de la rue Sherbrooke et le mécène québécois, la musique fera son entrée par la grande porte au MBAM, qui verra naître en ses murs une salle de spectacle de 450 places et une fondation, appelée Ars Musica, entièrement dévouée à la diffusion de la musique et à l'organisation d'activités éducatives liées aux arts musicaux.

La famille Bourgie, qui avait déjà versé plus de six des douze millions recueillis par le MBAM auprès du secteur privé pour constituer un fonds destiné à assurer le fonctionnement du futur pavillon d'art canadien, injecte dans ce nouveau projet des sommes encore plus élevées, a indiqué hier Bernard Lamarre, président du conseil d'administration du MBAM, sans toutefois divulguer ce montant.

«Notre famille est très sensible à la culture et nous voulions nous associer à un projet très structurant pour Montréal. Quand on m'a dit que le MBAM faisait l'acquisition de l'église Erskine, l'idée de participer à un projet qui ferait revivre ce bâtiment m'a allumé. Je me suis permis de soumettre à Mme Bondil l'idée de convertir l'église en salle de spectacle et d'intégrer un volet musique au musée», a expliqué Pierre Bourgie hier.

Chose certaine, la fondation disposera d'un fonds de capitalisation assez substantiel pour assurer la pérennité d'Ars Musica, a indiqué l'homme d'affaires, déjà fortement actif dans le milieu culturel.

Destinées artistiques

C'est après un voyage commun en Europe l'hiver dernier que Pierre Bourgie et la directrice du MBAM, Nathalie Bondil, convaincus par des expériences similaires tentées par d'autres musées, ont décidé d'unir leurs destinées artistiques, a blagué Mme Bondil hier.

«La décision de créer une fondation a été longuement mûrie par Pierre Bourgie. Ce projet était totalement complémentaire au nôtre. Cette rencontre a été providentielle!», a-t-elle commenté. La musique ne sera donc pas un simple ajout au musée: elle en deviendra une partie intrinsèque qui nourrira sa programmation et instaurera un nouveau dialogue entre arts visuels et musicaux.

Isolde Lagacé, ex-directrice du Conservatoire de musique de Montréal, sera à la barre de cette nouvelle fondation et entend présenter à l'église Erskine une programmation musicale variée, allant de la musique de chambre à la musique baroque, instrumentale, voire les musiques du monde et le jazz.

Ars Musica comportera un grand volet éducatif qui passera notamment par la commande d'oeuvres originales à de jeunes compositeurs québécois et la tenue d'ateliers, de conférences et de rencontres avec des musiciens, a expliqué Mme Lagacé.

Il s'agit donc d'un retour aux sources pour cette musicienne, issue d'une famille de mélomanes, qui a passé une partie des dimanches de son enfance à écouter sa mère, Mireille Lagacé, y jouer de l'orgue. Mireille Lagacé y a livré en 1989 une interprétation remarquable des Variations Goldberg au clavecin. Isolde Lagacé a elle aussi joué à l'église Erskine aux côtés de sa propre fille et de sa soeur, Geneviève Soly.

La future salle de 450 places -- qui devrait ouvrir en 2010 au même moment que le nouveau pavillon Claire et Marc Bourgie d'art canadien -- sera restaurée par les firmes d'architectes Roy Provencher et Go Multimédia ainsi que par le designer québécois Michel Dallaire, à qui on doit le mobilier urbain du Quartier international. «L'idée est de créer un plateau polyvalent dont les sièges seront amovibles et adaptables selon le type de spectacle», a indiqué le designer, qui a déjà conçu des sièges pour des salles de concert. Toutefois, le jubé, dont les sièges de bois incurvés d'une confection exceptionnelle offrent une vue imprenable sur la nef, sera intégralement conservé.


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Le Jean-Coutu de la culture - par Nicole Duchemin
Le jeudi 15 novembre 2007 04:00

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