Festival du monde arabe - Sefsaf: retour aux sources du futur
Mots clés : Sefsaf, Festival du monde arabe, Musique, Montréal

Est-il vraiment de la deuxième génération d'immigrants, lui le nègre blanc-beur né en France de parents kabyles? «Je me considère comme faisant plutôt partie de la première génération de Français. Cela implique une identité à construire: d'abord à partir de la France, avec mon langage artistique qui est celui du coeur et qui, s'il est sincère, va remonter au plus profond de moi, d'où se découvrent la Kabylie et ses chants populaires.»
En imaginant Désoxydant, il est retourné à la source. Comme par besoin de régler ses comptes avec lui-même pour savoir une bonne fois pour toutes d'où il venait, touchant même physiquement à sa culture, revenant au village de ses ancêtres où sont enterrés ses grands-parents, rencontrant de vieilles dames, enregistrant leurs chants de fête. «Les femmes sont les véritables véhicules de la culture berbère. Lors des mariages, ce sont elles qui célèbrent, chantent et dansent pendant que les hommes causent politique. Pour le projet, je ne voulais pas de chanteuses professionnelles mais de vraies porteuses de traditions avec leur spontanéité, leurs imperfections et toute la puissance de leur âme.»
Ces dames n'osaient pas chanter devant des hommes. On les a donc laissées seules devant la caméra, quitte à ce qui ne s'y passe rien. «On a découvert le formidable résultat à notre retour en France», s'exclame Sefsaf, qui a coécrit Désoxydant à partir de ces chants avec Georges Baux, vieux complice de Bernard Lavilliers. Le spectacle musical raconte une histoire avec un début et une fin. Les femmes y sont projetées alors que les musiciens chantent avec elles ou en s'en inspirant, recomposent et réinterprètent, assimilent et reconstruisent avec des instruments traditionnels, électriques et électroniques.
Sefsaf, lui, parle à la première personne. «Du temps de Dezoriental, je m'exprimais au nom d'un groupe. Maintenant, c'est à la fois plus intime et plus rock. Mais quel est le fil conducteur depuis le début? Le message, la nécessité de parler d'universalité, d'aller du plus petit au plus grand. Le fait d'enregistrer trois femmes dans un village relève du microcosme, mais ce qu'elles véhiculent, si ancestral soit-il, permet, avec son caractère profondément humain, d'accéder à l'ensemble.»
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Collaborateur du Devoir
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- Sefsaf présente son spectacle Désoxydant ce soir à 20h au théâtre Maisonneuve. Renseignements: 514 790-1245.
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