Les pirates peuvent dormir tranquilles
Mots clés : pirates, GRC, Musique, Internet, Canada (Pays)
La GRC baisse les bras devant la lourdeur de la chasse à la copie illégale de fichiers sonores

«Le piratage [de musique par l'entremise d'Internet ou d'autres médias] pour usage personnel n'est plus ciblé», a indiqué en entrevue Noël St-Hilaire, responsable des enquêtes fédérales et des questions de vol de droits d'auteur pour la GRC. «Aujourd'hui, c'est tellement simple de copier. Tout le monde est pris au dépourvu et on ne sait pas comment arrêter ça.»
Dans ce contexte où le téléchargement illégal de musique, généralement en format MP3, est devenu un comportement généralisé dans la société, surtout auprès des jeunes usagers d'Internet, la GRC avoue donc que la traque de ce type de voleur ne figure pas «dans [ses] priorités». «On s'attaque principalement aux crimes contre la propriété intellectuelle, qui ont un impact sur la santé et la sécurité des consommateurs [médicaments, appareils électriques, etc.], mais aussi à ceux qui touchent le crime organisé, a poursuivi M. St-Hilaire. Notre assiette est assez pleine avec ça, et malheureusement, le petit, on n'a pas le temps de s'en occuper.»
Ce n'est pas le cas aux États-Unis où, le 3 octobre dernier, Jammie Thomas, 30 ans, a été jugée coupable de téléchargement illégal par un tribunal de Duluth, au Minnesota. La poursuite a été intentée par l'Association américaine de l'industrie du disque (RIAA), qui représente entre autres des maisons de disques comme BMG, Capitol, Warner et Sony. La jeune femme, forcée de payer 9250 $ par pièce musicale glanée sur Internet par le biais de logiciels de partage de fichiers sonores, a porté la cause en appel.
N'empêche, l'inertie de la GRC devant ce type de crime s'explique peut-être par le faible impact financier que ce «sport» de salon et de chambre d'adolescent semble avoir sur l'industrie du disque et de la musique au Canada. En effet, selon les dernières données de Statistique Canada portant sur l'industrie de la musique, malgré la chute des ventes liées à la multiplication des téléchargements illégaux, les recettes et les bénéfices de ce pan de l'économie ont été «relativement élevés» en 2005, ont indiqué hier les spécialistes fédéraux du pourcentage.
En effet, dans les grandes lignes, les producteurs de disques, les éditeurs et les studios d'enregistrement ont déclaré des recettes d'exploitation de 815 millions de dollars, «ce qui se traduit par une marge bénéficiaire d'exploitation globale de 14 %», peut-on lire dans le document intitulé Enregistrement sonore et édition de musique, 2005.
Même si les achats de musique ont dans l'ensemble décliné de 3 % entre 2003 et 2005, la vente de CD et de fichiers sonores légalement acquis par l'entremise d'Internet, qui a représenté 3,9 % des ventes nationales en 2005, a tout de même permis à l'industrie d'engranger pas moins de 575 millions de dollars, soit 18 millions de moins que l'année précédente. Toutefois, «l'élaboration de nouveaux canaux de distribution et de livraison a stimulé les marchés numériques, écrivent les auteurs de cette enquête, ce qui a permis de faire augmenter la marge bénéficiaire» de l'industrie.
Cette équation s'explique non seulement par la diminution des stocks et des dépenses de distribution mais aussi par des retours moins considérables de produits, précise Statistique Canada.
Le combat se poursuit
Malgré ce portrait, l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), qu'il n'a pas été possible de joindre hier, poursuit son combat contre le piratage. Selon cet organisme, l'«appropriation sans droit de musique [est] un frein à l'épanouissement de la musique», indique-t-il dans un document qui résume son programme de sensibilisation, baptisé «Quand on aime la musique pour vrai, la copie, non merci».
Et cet appel semble avoir été entendu. En effet, malgré une baisse générale des ventes de musique, celle créée par des artistes canadiens a connu une petite croissance de 3,3 % en 2005, pour une facture totale de 123 millions, en hausse de quatre millions par rapport à 2003. Plus de 30 % de ces enregistrements provenaient du Québec.
Vos réactions
Qui pirates des pirates ? - par Yvonne lemile
Le samedi 12 avril 2008 12:00
Le piratage - par ()
Le vendredi 21 décembre 2007 10:00
@ F. charron: précisions - par Marc Lavallée
Le lundi 12 novembre 2007 12:00
@Stephane Venne - par Francois Perron
Le dimanche 11 novembre 2007 15:00
réponse à Stéphane Venne - par Marc Lavallée
Le samedi 10 novembre 2007 23:00
@ Jean-Francois Carignan - par Stéphane Venne
Le vendredi 09 novembre 2007 12:00
@ Marc Lavallée - par Stéphane Venne (vennestephane@videotron.ca)
Le vendredi 09 novembre 2007 11:00
Vol? - par Jean-Francois Carignan (jf.carignan@gmail.com)
Le vendredi 09 novembre 2007 11:00
La GRC normalise le vol - par Stéphane Venne (vennestephane@videotron.ca)
Le jeudi 08 novembre 2007 21:00
la loi canadienne permet la copie personnelle, mais pas sa redistribution - par Marc Lavallée
Le jeudi 08 novembre 2007 21:00
protégons la nouvelle liberté - par P M
Le jeudi 08 novembre 2007 18:00
Comme dans les années 80: les fameuses K7.... - par Luc Girard
Le jeudi 08 novembre 2007 17:00
Les ''vrais'' pirate peuvent dormir tranquilles - par jean-Yves Pelletier
Le jeudi 08 novembre 2007 14:00
La justice devrait travailler dans l'intérêt du public. - par Jean-Marc Chevalier
Le jeudi 08 novembre 2007 12:00

