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L'essoufflement de Mario Dumont
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Pourtant la sauce ne prend pas : Mario Dumont semble incapable "transformer ses essais" en un discours politique cohérent et mobilisateur, qui rejoigne suffisamment de Québécois. Il dénonce l'incohérence des autres partis, en particulier l'incapacité du PLQ de mettre ses actes en accord avec son discours, mais lui-même n'a guère de cohérence dans son propre discours. Pourtant, il y'a bien de la cohérence dans son programme de gouvernement, pourquoi ça ne parait pas dans ce qu'il dit? Est-ce qu'il croit seulement en son propre programme? On a parfois le sentiment qu'il cherche à s'en distancier...
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C'est un "control-freak" comme Stephen Harper, mais il est loin d'avoir la stature intellectuelle d'un Harper, et son jeu est faible stratégiquement: on voit bien qu'il navigue à vue, à l'instinct, ce qui ne suffit pas pour assurer une victoire électorale dans le contexte politique que connait le Québec depuis quelques années.
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Son éminence grise Gilles Taillon est peut-être ferré en économie, mais côté sex-appeal c'est un peu juste, ça sent encore sa taverne et sa PME de fond de comté. Ça lui prendrait des gens d'envergure et d'expérience comme André Caillé, mais on voit bien que dès que Dumont est en présence de quelqu'un qui pourrait lui faire de l'ombre, il renâcle. Il lui manque l'épaisseur humaine pour incarner et assumer le genre de leadership qui pourrait rendre son parti crédible comme option de gouvernement.
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Donc Mario reste sur la touche, marquant un point ça et là mais certainement pas en position de remporter le match. C'est à se demander si son véritable objectif, au lieu de prendre le pouvoir, n'est pas simplement de gouverner par procuration en forçant la main aux libéraux sur des dossiers sans danger, tels précisément l'abolition des commissions scolaires que la majorité des citoyens souhaitent voir disparaître ; le dépôt de cette motion ne fera rien pour atténuer cette impression.
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Au final, il devient difficile « d'acheter » le personnage : à force de musarder dans l'accessoire, il perd toute crédibilité sur l'essentiel, et en particulier les réformes économiques et fiscales dont le Québec aurait pourtant bien besoin. On espérait Harper, on aura Sarkozy.
