Coup d'envoi des 10es Rencontres internationales du documentaire

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Odile Tremblay
Édition du mercredi 07 novembre 2007

Mots clés : Peuple invisible, Junior, Rencontres internationales du documentaire, Festival et fête, Cinéma, Montréal

En clôture des RIDM, l'excellent Shake the Devil Off, tourné dans une Nouvelle-Orléans dévastée par l'ouragan Katrina, suit le père Jerome Ledoux qui doit quitter sa paroisse.

C'est ce soir que démarre la dixième édition des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), qui se déroule jusqu'au 18 novembre. Junior, d'Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault, sur les coulisses du hockey junior (il faut aimer cet univers pour goûter le film), ouvre le bal.

Ce festival d'une centaine de films documentaires de tous formats, souvent mal diffusés en salle, ouvre aussi sur des rencontres professionnelles, un marché du film et un forum. En dix ans, la manifestation s'est attaché un public fidèle, de plus en plus nombreux d'une édition à l'autre.

Bien évidemment, les projections du Peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie, abordant l'histoire des Algonquins, devraient être les plus courues du rendez-vous. Mais plusieurs films valent le détour. Le Devoir en a vu quelques-uns.

Histoire de demeurer dans nos régions nordiques, Des nouvelles du Nord de Benoit Pilon (le cinéaste de Roger Toupin, épicier variété) nous entraîne à Radisson, près des barrages de la Baie-James. Pilon excelle à mettre en lumière des personnages attachants et hauts en couleur. Son Radisson, dont la mélancolie se distille sans s'extérioriser, donne le crachoir à des gens merveilleux: une coiffeuse, un patron de cabaret, une vieille Amérindienne attachée aux traditions, etc. Les portraits des Cris croqués par le photographe local sont magnifiques. Un vaste pan des problèmes nordiques demeure trop gommé, mais Des nouvelles du Nord constitue avant tout l'oeuvre d'un vrai poète du documentaire.

Denys Desjardins livre de son côté Au pays des colons, retour sur l'Abitibi à travers une de ses figures, rendue emblématique par les films de Perrault et Gosselin: Hauris Lalancette. La colonisation de l'Abitibi est revue à travers le parcours de sa famille, de l'aïeul aux descendants. Des images tirées du film Les Brûlés de Bernard Devlin (1959) s'entremêlent aux interviews qui abordent le rêve éternel du pays à bâtir, sans mentionner la présence autochtone, centrale au contraire dans le film de Desjardins et Monderie.

Americano, de Carlos Ferrand, allie le voyage initiatique du cinéaste en quête de ses racines au parcours des deux Amériques. D'origine péruvienne mais vivant au Québec, Carlos Ferrand est un homme dont les engagements sociaux se reflètent sur tous les gens qu'il retrouve ou découvre: de son ancienne gouvernante à Lima aux amis californiens gauchistes et à la jeune Inuite qui refuse de jeter bas toutes les traditions, en passant par les mères des filles assassinées à Juarez, au nord du Mexique. Americano embrasse trop grand et finit par brosser surtout l'autoportrait de Carlos Ferrand, un homme assoiffé de justice sociale que ces fragments des deux Amériques en ébullition ne peuvent abreuver.

En clôture, l'excellent Shake the Devil Off du Suisse Peter Entell. Ce documentaire est tourné dans une Nouvelle-Orléans transformée et dévastée par l'ouragan Katrina. Un curé afro-américain, dansant, chantant, coloré et adoré de ses ouailles, le père Jerome Ledoux, doit quitter sa paroisse à l'heure où celle-ci est fusionnée avec une voisine. Et les paroissiens se mobilisent pour garder église et curé. Ce documentaire trépidant est à la fois un «musical» et une oeuvre engagée. Jerome Ledoux viendra accompagner le film à Montréal. On se demande quand même quel rôle le prêtre a joué dans la genèse de ce documentaire, qui le porte ainsi aux nues.


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Et Québec dans tout ça ? - par Levy Levac-Marquis (levylm@hotmail.com)
Le mercredi 07 novembre 2007 14:00

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