Opinion

À propos de cette langue que l'on dit aimer

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Christine Labrie, Étudiante au Collège François-Xavier-Garneau

Édition du mercredi 07 novembre 2007

Mots clés : Michelle Courchesne, langue française, Enseignement, Langue, Québec (province)

La qualité de la langue française des futurs enseignants fait l'objet de suffisamment de critiques, depuis un certain temps, pour que Michelle Courchesne, ministre de l'Éducation, entreprenne de chercher des solutions.

Or le problème n'est pas essentiellement la piètre qualité de la langue des futurs enseignants mais bien celle de tous les diplômés du Québec. En effet, les futurs enseignants, comme ils fréquentent l'université, ont d'abord dû obtenir leur diplôme d'études secondaires, puis leur diplôme d'études collégiales, avant d'être admis à l'université.

Il existe déjà une épreuve ministérielle de français servant à évaluer la maîtrise de la langue à ces deux niveaux d'études, et sa réussite conditionne l'obtention d'un diplôme. Comment explique-t-on qu'une personne -- des milliers, pour être plus exact -- puisse obtenir un tel diplôme si elle ne fait pas la distinction entre a et à, entre ce et se, et si elle peut écrire «celle-si» sans sourciller? Il s'agit là de notions devant être apprises au niveau primaire, et on laisse pourtant les étudiants ne les maîtrisant pas obtenir un diplôme d'études secondaires, puis collégiales, puis universitaires...

Étant moi-même étudiante au collégial, je suis atterrée en voyant chaque jour ce que mes coéquipiers sont capables d'écrire. Ces coéquipiers ont pourtant nécessairement réussi leur épreuve ministérielle de cinquième secondaire. Se pourrait-il que celle-ci ne soit pas suffisamment sévère? Se pourrait-il que, sous le prétexte de ne pas décourager les étudiants et d'accroître le nombre de diplômés, la société québécoise soit en train de niveler par le bas en rendant trop facile l'obtention dudit diplôme? Or quelle est la valeur de ce diplôme s'il n'est pas le symbole des compétences et des connaissances de son titulaire? Que vaut-il si n'importe qui peut l'obtenir?

Se pourrait-il aussi qu'on accorde trop peu d'importance à la qualité de la langue dans les disciplines autres que le français? Les politiques linguistiques des différents départements des collèges sont variables mais, en général, un étudiant peut perdre jusqu'à 10 % de la note globale d'un travail, selon le nombre d'erreurs qu'il commet.

Cela signifie qu'un élève peut faire 200 erreurs dans un travail de 800 mots (ce qui n'est pas aussi rare que vous pouvez le croire, je vous l'assure) et tout de même obtenir une très respectable note de 90 %. Cela est à mon avis inadmissible, que l'étudiant soit dans le domaine des sciences naturelles, des sciences sociales ou de la littérature, en soins infirmiers ou en techniques juridiques! Afin de signifier aux étudiants que la maîtrise de la langue est primordiale, il devrait être possible de sanctionner par un échec tout travail ne répondant pas à des normes minimales. Il devrait être possible et même normal de perdre jusqu'à 50 % de la note globale pour la piètre qualité du français.

Visons plus haut

Mais alors, beaucoup moins d'étudiants obtiendraient leur diplôme? Évidemment! Et c'est normal dans la mesure où la société québécoise souhaite que ses diplômés, de tous les domaines, sachent écrire correctement. Il faut arrêter d'accorder des diplômes en quantité et de se vautrer dans les statistiques qui font état d'une hausse du nombre de diplômés. Il faut plutôt établir des normes plus sévères pour l'obtention d'un grade. Ainsi, un étudiant de niveau universitaire, peu importe qu'il étudie en chimie, en arts visuels, en sociologie ou en enseignement au secondaire, maîtriserait assurément la langue dont nous prônons tant le respect au Québec.

Cessons de crier haut et fort notre amour du français et avouons une fois pour toutes que la qualité de la langue nous importe peu, ce que notre système d'éducation ainsi que la société démontrent chaque jour, ou alors prenons-nous en main et agissons pour que notre société s'élève!

Valorisons la culture, la connaissance, l'esprit critique, la qualité de la langue, et non pas la facilité, la vitesse, la surconsommation et Occupation double!


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