Mulroney et l'affaire Airbus - L'opposition accuse Harper d'hypocrisie
Mots clés : Airbus, Stephen Harper, Gouvernement, Brian Mulroney, Canada (Pays)
Ottawa -- L'opposition soutient que le premier ministre Stephen Harper fait preuve d'hypocrisie quand il refuse d'enquêter sur les enveloppes pleines d'argent liquide remises à son prédécesseur conservateur, Brian Mulroney, dans des chambres d'hôtel.
Pourquoi alors, font valoir les libéraux, M. Harper a-t-il déjà alloué une somme de 1 million pour examiner tous les contrats de recherche sur l'opinion publique accordés par le précédent gouvernement libéral? Selon le député libéral Robert Thibault, l'explication de cette apparente contradiction est simple: c'est l'hypocrisie la plus complète, a-t-il soutenu en entrevue. S'il croit pouvoir tirer quelque chose de juteux des contrats libéraux de sondage ou de recherche sur l'opinion publique, alors il n'hésite pas, a affirmé le député.
M. Thibault avance que le premier ministre a la responsabilité d'établir si les contribuables canadiens ont injustement payé la facture du dédommagement de deux millions accordé à M. Mulroney en rapport avec l'affaire Airbus.
Dans une lettre datée de 1995 aux autorités suisses, la Gendarmerie royale du Canada avait laissé entendre que M. Mulroney pourrait avoir été impliqué dans une histoire de pots-de-vin impliquant l'homme d'affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber en rapport avec des achats d'avions par le gouvernement fédéral. La lettre ayant été rendue publique, M. Mulroney a alors soutenu qu'il connaissait à peine Schreiber, il n'a jamais été accusé et a obtenu son règlement de 2 millions.
Mais on a appris plus tard que Schreiber avait rencontré M. Mulroney à la résidence d'été du premier ministre et qu'il lui avait remis 300 000 $ comptant au cours de différentes rencontres privées, peu après son départ du pouvoir en 1993.
On a également su que M. Mulroney n'a pas déclaré immédiatement ce revenu au fisc, et qu'il a demandé à Schreiber, en 1999, de ne pas divulguer leurs rencontres passées.
Le gouvernement fédéral a déjà annulé une enquête interne qui aurait déterminé si le versement des deux millions constituait une erreur.
Les conservateurs ont embauché le vérificateur Daniel Paillé, au printemps dernier, pour qu'il examine tous les contrats libéraux de sondage et de recherche sur l'opinion publique.

