Benoît XVI s'inquiète de la crise autour des immigrés roumains en Italie

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AP
Édition du lundi 05 novembre 2007

Mots clés : agressions, droits, Benoît XVI, Religion, Immigration, Italie (pays), Roumanie (pays)

Gianfranco Fini, le chef de l'Alliance nationale, un mouvement politique ultraconservateur, s'est présenté samedi aux funérailles d'une femme assassinée par des ressortissants roumains, la semaine dernière, en banlieue de Rome.

Photo: Agence Reuters

Rome -- Le pape Benoît XVI a exhorté hier les autorités italiennes à respecter les droits des immigrés, alors qu'une série d'agressions violentes imputées à des étrangers, principalement roumains, suscite colère et émotion en Italie.

Après l'agression qui a coûté la vie la semaine dernière près de Rome à une femme de 47 ans, le gouvernement de Romano Prodi a commencé à expulser des étrangers considérés comme dangereux et a rasé plusieurs bidonvilles où vivaient nombre de migrants roumains.

La droite appelle à des mesures encore plus dures. Le chef de l'Alliance nationale Gianfranco Fini, mouvement conservateur qui se réclamait autrefois de Mussolini, a estimé que «20 000 expulsions pourraient être effectuées dès maintenant, rien qu'à Rome». L'ancien chef de gouvernement conservateur Silvio Berlusconi s'est de son côté prononcé pour un moratoire suspendant l'entrée en Italie de ressortissants roumains.

«J'espère que les relations entre migrants et population locale se déroulent dans l'esprit de cette haute civilisation morale qui est le fruit des valeurs spirituelles et culturelles de chaque population et pays», a déclaré le pape sur la place Saint-Pierre.

«Puissent ceux qui se chargent de la sécurité et des programmes d'accueil savoir comment utiliser les instruments destinés à garantir les droits et devoirs qui sont à la base de chaque authentique coexistence et rencontre entre les peuples», a-t-il ajouté.

La ville de Milan a commencé à expulser des ressortissants roumains ayant un casier judiciaire, ont annoncé les autorités italiennes samedi. Dans le même temps, à Rome, vendredi soir, trois Roumains étaient blessés par un groupe d'agresseurs armés, selon la police.

Le gouvernement italien, con-fronté à la colère croissante des Italiens face à une vague de criminalité attribuée aux Roumains, a voté le

31 octobre un décret autorisant l'expulsion de ressortissants de pays membres de l'UE représentant un danger pour la sécurité publique.

Le préfet de Milan, Gianvalerio Lombardi, a dit craindre de voir se multiplier des actes de violence envers les étrangers comme celui qui a eu lieu à Rome vendredi soir: «Il y a ce risque, mais il est évident que nous devons envoyer un message très clair», a-t-il déclaré.

Agression mortelle

La décision du gouvernement Prodi fait suite à l'agression mortelle d'une femme, la semaine dernière, dans la banlieue de Rome. La sauvagerie de l'agression, que les enquêteurs soupçonnent un ressortissant roumain de la communauté tzigane d'avoir commise, a secoué le pays.

Selon les statistiques du gouvernement italien, les ressortissants étrangers représentent 26 % de toutes les personnes condamnées pour des crimes et délits en Italie. D'après le maire (centre-gauche) de Rome Walter Veltroni, 75 % des arrestations à Rome en 2006 concernaient des Roumains.

À Bucarest, le premier ministre roumain, Calin Popescu Tariceanu, a réuni hier son gouvernement et s'est entretenu par téléphone avec son homologue italien. M. Tariceanu, selon ses services, doit se rendre à Rome cette semaine. «Il a demandé à Prodi de prendre des mesures pour protéger les ressortissants roumains en Italie qui sont des travailleurs honnêtes», précise-t-on de même source, en soulignant que M. Tariceanu s'est dit «inquiet des actes xénophobes».

Le président roumain Traian Basescu a de son côté invité les responsables politiques roumains et italiens à «s'abstenir de déclarations qui pourraient rendre la situation plus tendue».

«Tout criminel doit être puni, ce que nous soutenons, mais nous ne pouvons pas accepter l'humiliation de millions de Roumains» à des fins politiciennes, a-t-il souligné.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com