Un sommet pour brancher l'Afrique

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Bruno Guglielminetti
Édition du lundi 05 novembre 2007

Mots clés : téléphonie cellulaire, investissements, réseaux de communication, Internet, Média, Afrique (Région)

Des entreprises privées promettent d'injecter 55 milliards dans l'amélioration des réseaux de communication

En septembre l'an dernier, l'Afrique comptait 193 millions d'abonnés au service cellulaire et, à la fin de cette année, on estime que le nombre devrait passer à 270 millions.

Photo: Agence France-Presse

La semaine dernière, le gouvernement du Rwanda accueillait dans la capitale Kigali plus de 500 participants dans le cadre d'une grande rencontre pour stimuler le déploiement d'Internet en Afrique. On a beau dire que l'Afrique a pris le virage comme les autres continents, reste que moins de 5 % de la population a accès à Internet.

Cette conférence internationale intitulée Connecter l'Afrique à Kigali aura au moins eu le bénéfice d'aller plus loin que le Sommet mondial pour la société de l'information en 2005 qui s'était soldé par bien peu de choses pour le continent africain.

Cette fois, l'événement piloté par l'Union internationale des télécommunications se conclut avec des résultats concrets, comme le souhaitaient les organisateurs dès le début. Autour d'une table, leaders des secteurs public, privé et financier se sont rencontrés pour nouer de nouveaux partenariats pour l'avenir. Résultat, d'ici cinq ans, des entreprises du secteur privé s'engagent à investir plus de 55 milliards de dollars dans le domaine des nouvelles technologies et des télécommunications en Afrique.

Une nouvelle façon de venir en aide au continent africain que l'hôte de la rencontre internationale, le président rwandais Paul Kagame, a soulignée avec beaucoup d'importance. Selon lui, il faut encourager les investissements et les échanges commerciaux pour transformer l'Afrique plutôt que l'aide humanitaire et la charité.

L'Afrique est ouverte

De son côté, le Secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications, Hamadoun Touré, disait d'entrée de jeu que l'Afrique était ouverte pour faire des affaires. Que les gouvernements en place sont ouverts à des scénarios où tous sortent gagnants, entreprises comme peuple africain.

Par ailleurs, le représentant du Secretaire général de l'ONU, Sha Zukang, affirmait qu'il faut absolument trouver des façons innovatrices de développer et d'étendre aux plus profondes régions du continent des accès aux nouvelles technologies et aux nouveaux moyens de communication.

Pour revenir aux investissements qui sont promis, on parle de 55 milliards de dollars qui iront notamment à l'amélioration des infrastructures d'accès à Internet. C'est-à-dire autant les gros tuyaux qui permettent la distribution de l'Internet sur le continent que les plus petits tuyaux qui permettent aux gens des villes et villages d'accéder au réseau informatique. Côté contenu, les participants et les investisseurs semblent également valoriser l'élaboration de contenus, particulièrement celui qui est adapté aux conditions locales.

Meilleure couverture cellulaire

L'argent servira aussi à assurer une meilleure couverture des réseaux de communication cellulaire sur le continent. Une industrie qui est en forte croissance depuis cinq ans. D'ailleurs, la plus forte croissance enregistrée dans le monde. À titre d'exemple, en 2001, le nombre de numéros de téléphone cellulaire a dépassé le nombre de numéros de ligne fixe. Une approche qui a rapidement amené l'industrie du téléphone cellulaire à être un enjeu important dans les plans de développement des communications continentales. Aujourd'hui, on compte sept numéros de téléphone cellulaire pour une ligne fixe. En septembre l'an dernier, l'Afrique comptait 193 millions d'abonnés au service cellulaire et, à la fin de cette année, on estime que le nombre devrait passer à 270 millions.

Finalement, l'argent servira également à la formation professionnelle et à l'aide aux divers gouvernements locaux qui auront maintenant à gérer à leur tour la nouvelle réalité de la cybersécurité.

Et comme Microsoft n'est jamais loin de ces rencontres internationales, le géant américain a lui aussi mis la main à la pâte en proposant la mise en place, en collaboration avec l'Union internationale des télécommunications, d'une plateforme qui permettra aux gouvernements, aux organisations internationales, aux intervenants locaux et aux investisseurs de suivre en temps réel le développement des divers chantiers de développement. Cet outil sera intégré au logiciel de géolocalisation Virtual Earth de Microsoft et permettra donc aux divers intervenants du dossier de voir concrètement leur travail et éviter du même coup, trop d'intervention dans un même lieu, dans une même région.

***

bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première Chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).


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