Plus dévastateurs que la nuit blanche: les réveils multiples multiples

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Pauline Gravel
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 novembre 2007

Mots clés : réveils, nuit, sommeil, Science, Québec (province)

Dans ces circonstances, le cerveau doit retrouver l'état de sommeil particulier qu'il vient de quitter

Photo: Jacques Nadeau

Aussi surprenant que cela puisse paraître, un sommeil entrecoupé de multiples réveils, même brefs, est plus dévastateur qu'une nuit blanche. «On peut accumuler la même durée de sommeil lent et paradoxal que lors d'une nuit normale, mais les microréveils, ne serait-ce que d'une seconde, qui induisent une alternance constante entre les différents états de conscience compromettent l'accomplissement des fonctions réparatrices d'un sommeil continu», affirme le scientifique Roger Godbout, du Laboratoire de recherche sur le sommeil au Centre de recherche Fernand-Seguin.

Le sommeil remplit deux types de fonctions, rappelle d'entrée de jeu le spécialiste du sommeil: d'une part, des fonctions somatiques ou physiques, qui consistent à réparer les tissus endommagés. «Le sommeil nous aide notamment à guérir de maladies comme la grippe en activant le système immunitaire», mentionne le chercheur. D'autre part, il assume des fonctions neurocognitives qui contribuent entre autres à la maturation du système nerveux central des nourrissons, qui passent l'essentiel de leurs journées à dormir. Le sommeil aide aussi à consolider les apprentissages effectués durant la journée. Chaque phase du sommeil assure l'une de ces catégories de fonctions. Le sommeil lent profond, qui monopolise le début de la nuit et durant lequel le métabolisme est fortement ralenti, est le moment où s'effectuent les fonctions somatiques de réparation des tissus de l'organisme.

C'est durant le sommeil paradoxal, qui survient quant à lui en fin de nuit, qu'a lieu «un playback, une réitération des patterns de la journée» et que s'élaborent ainsi des traces plus durables des apprentissages effectués dans la journée. Les muscles étant paralysés durant cette phase du sommeil, le cerveau peut ainsi rejouer divers schémas comportementaux. Les animaux répètent par exemple leurs stratégies de chasse.

Or, durant une nuit fragmentée par plusieurs réveils, le cerveau passe constamment d'un état d'éveil à un état de sommeil lent profond ou de sommeil paradoxal. «Cette alternance fait en sorte qu'aucun de ces états de vigilance ne réussit à remplir ses fonctions correctement parce qu'ils sont constamment interrompus. Si on se réveille fréquemment au cours du sommeil lent, on ne réussira jamais à sécréter les hormones qui interviennent dans la réparation des tissus. Et si le réveil arrive durant le sommeil paradoxal, la mise en protéines de nos souvenirs de la journée sera compromise», explique l'expert.

Et, à chaque microréveil, l'organisme, en particulier le cerveau, revient à la case départ et doit retrouver l'état de sommeil particulier qu'il vient de quitter. «Il est bien démontré qu'une nuit qui est fragmentée de la sorte est plus dévastatrice pour notre comportement diurne du lendemain qu'une nuit sans sommeil», souligne le chercheur.

Mais qu'il s'agisse d'insomnies -- initiale, de maintien ou tardive (voir le texte ci-joint) -- de plus longue durée ou tout simplement de nuits frmentées, si les problèmes de sommeil persistent malgré l'adoption de meilleures habitudes de sommeil, un bilan de santé et des produits consommés pour améliorer la qualité du sommeil s'impose afin de vérifier que les insomnies ne découlent pas d'un problème de santé physique, notamment hormonal, associé à un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde, prévient Roger Godbout.


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Traumatisme sonore chronique - par Eugene Quesnel
Le dimanche 04 novembre 2007 10:00

Et le bruit - par Yvan Bélanger
Le samedi 03 novembre 2007 16:00

les vieux - par martin grenier
Le samedi 03 novembre 2007 08:00

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