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Langue, sexe, culte, culture, égaliberté : de René à Binoche et Jolie
L'«alternative» augure-t-elle mieux ? Pas très. Comme le PM, la nouvelle chef d'un censé grand parti semble, elle aussi, une hors-la-loi (en puissance ou en projet). Celle-ci eu égard à une quête fébrile de citoyenneté québécoise presto, celui-là en raison d'un vouloir de chartisation d'égalité sexuelle absolue («suprême») ou du moins dominante immédiate au pays du Québec. Et, dans l'autre coin du triangle politique national de tête, un jeune homme dont le parti et lui-même n'évoquent ni ne se rapprochent en rien (e.g. maturité intellectuelle ou autre) de «l'équipe du tonnerre» et moins encore de celle du gouvernement québécois d'il y a 30 ans.
Si bien qu'il y aurait au Québec aujourd'hui déclin non point seulement de repères mais aussi de «Pères» (la mode étant aux pairs, les enfants même en étant devenus par rapport à leurs parents ou au monde adulte en général). «Pères»! Qu'est-ce? «Pères», c'est «Maîtres chez nous!», c'est «Maire Expo 67», c'est «Docteur loi 101», c'est Frère Untel, c'est Maurice Richard..., c'est l'autre René - Lecavalier - et son français. C'est, en un mot, une certaine fierté. Fierté? René Lévesque n'a-t-il pas perdu? Si. Mais Jésus aussi a perdu, voyez-vous. On peut «gagner» longtemps «après». Après avoir perdu longtemps. Ce qui a été gagné par Lévesque, ce pourrait être surtout un certain goût de l'honnêteté, du "fair play" et du respect (e.g. des droits et libertés de tous) qu'il aurait initié et inspiré en l'aire laïque... Ne serait-on quelque peu orphelins, au chapitre de l'inspiration ?
« Qu'en aurait dit René Lévesque ? », répète-t-on ces jours- ci. Oui, qu'en aurait donc dit René Lévesque? Du voile, du kirpan? De celui-ci, peut-être que c'est là quelque chose qu'on ne saurait trancher au couteau de manière aussi incisive qu'une majorité eût souhaité ou souhaiterait qu'on le fasse? De celui-là (le foulard), probablement qu'il s'agit de regarder qu(o)i, comment, quand ou où cela lèse ou s'avère susceptible de le faire? Qu'il est, surtout, une différence, et toute une, entre une manifestation tout à fait libre et personnelle (privée) de signes religieux (y compris en l'aire publique), et une manifestation institutionnelle, contrainte ou profondément choquante, irritante, blessante ou heurtante de (certains de) ceux-ci.
Ce n'est pas sur l'égalité sexuelle tous azimuts sur laquelle il sied de mettre le cap mais bien sur l'égalité toute, l'égalité universelle, de tous et de toutes. Ainsi réalisera-t-on celle-là par/en celle-ci même. Ce n'est pas non plus en contraignant, surtout ou seulement, à l'apprentissage du français québécois qu'on fera aimer cette langue ou qu'on en accroîtra l'usage ; c'est (aussi) en se faisant aimer soi-même (davantage), Québécois français. Nécessaire mélange d'incitation/séduction/attrait et de contrainte de «rappel». Enfin, pour faire aimer ou estimer le Québécois français ou le français québécois, quoi de mieux que de bien parler celui-ci ?
Bref, on aurait avantage à ne pas appréhender l'excès de discernement, de perspective, de connaissance, de reconnaissance ou d'égaliberté (i.e. égalité en liberté et liberté d'égalité). La connaissance montre, par exemple, que et le christianisme (plus précisément Christ même en Évangile) et l'islam originels auront investi et incarné d'importantes avancées concernant la condition féminine à leur époque. Côté discernement, il s'agit de prendre garde de superposer (vouloir «implanter») à l'ensemble de la communauté humaine un credo (dit laïque) de l'heure occidental, à propos de tout et de rien. Il y a plus de chances d'y avoir équité ou plaisance en la liberté-diversité qu'en la contrainte-uniformité. Ainsi, les femmes étant, elles aussi, des êtres humains, considérés libres et responsables (adultes), on voit mal comment Quelqu'un ou «Quelque chose» pourrait, aujourd'hui encore, leur dire ou interdire comment se vêtir ou se dévêtir. Toutes les tenues pouvant être «belles», «bien» («correctes») ou «bonnes», a priori. De la nudité complète au voilement complet (de tels extrêmes étant par ailleurs, bien sûr, sujets à certaines contingences). La nudité (féminine), en effet, serait, elle aussi, un mode d'expression, un mode de parler, un mode d'engagement militant dynamique et proactif même, suivant ce que vient d'en dire et de faire Juliette Binoche, par exemple. Et elle aiderait aussi à parler, selon ce qu'en avait dit plus avant Angelina Jolie. Quant au voilement, il peut représenter, lui aussi, une multitude d'avantages (écouter ou lire nombre de témoignages éloquents à cet égard). Voilà pourquoi, en cela comme en le reste, il s'agit de faire preuve d'ouverture ou de modération. Car on ne saurait extirper, pas complètement en tout cas ou pas durablement du moins, tout «relent» ou toute évocation de religieux des espaces publics. Cela étant, si on ne veut pas être malheureux ou toujours furieux, le mieux ne serait-il pas de s'habituer à composer avec le phénomène? C'est-à-dire à laisser libre cours à ce qui ne représente pas vraiment de «Danger» (au sens large), tel ce fichu, par exemple, on ne peut plus anodin ou inoffensif en terre québécoise, où il ne fait de mal à personne ?
Se souvenir, surtout, que le meilleur progrès est celui s'effectuant de manière progressive. À vouloir tout/trop (se) précipiter (par contrainte notamment), on altère ou on compromet la positivité, l'intégrité (authenticité) ou la durabilité du résultat, la plupart du temps. La prière inaugurale catho-chrétienne subsistant en certains conseils municipaux, par exemple, soit elle se dissipera en douce d'elle-même insensiblement avec le temps (comme l'a fait la pratique catholique en général), ou elle se confortera paradoxalement à la faveur de l'opposition, de la «chasse», de la «guerre» qu'on lui fera ou de l'interdit dont on la frappera. Il en est ainsi. C'est là la loi bien connue de la réactance. Voilà pourquoi, donc, on a toujours ou quasi toujours avantage à «moyenner» avec l'humain, si l'on escompte quelque «succès» à moyen ou long terme.
Enfin, côté perspective, des (éléments de) religions (dites fondamentalistes) pourraient s'avérer davantage futuristes et utiles que passéistes, rétrogrades ou nuisibles. Ainsi en est-il d'une présence extraterrestre manifeste (on ne peut plus évidente) dans la Bible notamment. Le XXIe siècle, s'il se rend à son terme, sera celui de l'extraterrestre. Sinon de celui-ci à nous, de nous à lui. Le marché (le cocon) Terre étant devenu 'trop petit' pour l'humain. Or, la Bible n'ayant cessé de discourir à propos de l'extraterrestre, ce n'est sûrement pas en ce siècle-ci que sa faveur ou que la ferveur qu'elle engendre déclineront. Et à raison. Car il y a du savoir en elle aussi. Suffit de discerner ce qui ressortit à celui-ci de ce qui n'est que fable ou politique...
