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Moi, je m'en souviens !

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Gilles Laterrière
Envoyé Le jeudi 01 novembre 2007 08:00



C'est le titre de la réplique de Bourgault aux mémoires de René Lévesque "Attendez que je me souvienne". Cette réplique est à lire et à relire.

Selon Lévesque, Bourgault était un indésirable au PQ parce qu'il était un dangereux personnage. Pourtant rien dans les écrits ou les gestes de Bourgault ne supporte un pareil jugement.

Je crois que Lévesque estimait Bourgault dangereux car il représentait une véritable menace pour son leadership au PQ, particulièrement de 1970 à 1976. Imaginez un seul instant que Lévesque n'eut pas fait obstacle à ce que Bourgault se présente en 1970 dans un comté raisonnablement prenable par le PQ. Il n'est pas impensable que Bourgault eut été élu cette année là, de même qu'en 1973, pendant que Lévesque perde ces deux élections. Avez vous pensé aux conséquences d'une telle situation sur l'opinion des membres du PQ à propos du leadership dans ce parti ? Bourgault aurait profité d'une tribune exceptionnelle pour parler d'indépendance alors que Lévesque aurait continuer de peiner à se faire entendre dans une chronique de journal. Pas nécessaire d,être un devin pour imaginer la suite ! Qui osera dire que Lévesque n'a jamais été capable de ce calcul ?

Pour revenir sur la question des purs et durs qui font la vie impossible à leurs chefs, se souvient on que l'un des jujets constants de discorde entre les deux hommes concernait la langue française. J'invite les détracteurs de Bourgault à relire ses écrits la dessus de 1960 à 1977. Ils réaliserontque Bourgault prônait des mesures qui devinrent en 1977 la loi 101, c'est à dire de légiférer pour que le français devienne la langue de travail au Québec On sait que Lévesque y était fortement opposé et qu'il a dans les faits réduit la portée de la législation proposée en astreignant seulement les entreprises d'une certaine taille à se franciser. Nous en subissons encore les conséquences aujourd'hui parce que la loi 101 n'a pas atteint cet objectif.

Il est curieux que tous encensent René lévesque de cette façon alors que dans ce débat sur la langue, ce chef bien aimé s'est retrouvé isolé dans son propre parti sur cette question et qu'aujourd'hui beaucoup de ses adversaires fédéralistes d'hier et d'aujourd'hui admettent le bien fondé de cette législation sur la langue.

Je crois que pour le bien de la cause de l'indépendance, il faut cesser de mettre René lévesque sur un pareil piedestal. Ce n'est pas pour rien que les fédéralistes d'aujourd,hui lui voue un pareil respect.

J'ai été un partisan de René Lévesque et je demeure admiratif devant l'ensemble de son action politique mais je ne crois pas qu'il faille chercher en lui les réponses aux problèmes que la société québécoise est confronté car il demeure ce qu'il a toujours été, soit un homme suceptible de se tromper comme tout le monde.

Gilles Laterrière

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