Commission Bouchard-Taylor - L'éthique et la culture religieuse, trop compliqué pour les profs?
Mots clés : Religion, Commission Bouchard-Taylor, éthique, Québec (province)
Québec -- Charles Taylor doute de la capacité des professeurs à donner le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse qui sera enseigné à partir de l'automne 2008 aux niveaux primaire et secondaire.
«Vous avez des inquiétudes au sujet de ce cours-là, et il faut dire que moi aussi, parce que ça demande des enseignants d'une qualité très très élevée», a déclaré M. Taylor.
M. O'Neill, un ancien prêtre qui a enseigné la théologie à l'Université Laval, estime que le rôle des professeurs dans le nouveau programme n'est pas clair. «Quelle est la compétence propre d'une personne totalement neutre pour porter un jugement sur des contenus religieux?» Il reproche en outre au ministère de l'Éducation et à ses «bureaucrates sacristains» de ne pas avoir diffusé des documents assez «détaillés» au sujet du programme.
Le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse comprend l'enseignement de six religions: le christianisme (catholicisme et protestantisme), le judaïsme, la spiritualité autochtone, l'islam, le bouddhisme et l'hindouisme. Le christianisme bénéficie toutefois d'une attention particulière.
Le professeur est défini dans le programme comme un «passeur culturel» qui «ne doit pas faire valoir ses croyances ni ses points de vue». Il doit toutefois intervenir «lorsqu'une opinion émise porte atteinte à la dignité de la personne ou que des actions proposées compromettent le bien commun».
M. O'Neill croit que le retrait de l'enseignement religieux catholique risque d'accroître le malaise identitaire des Québécois. «Ce qui me frappe, c'est le nombre de gens qui se disent croyants non pratiquants. C'est quand même 80 % des parents qui ne vont pas à la messe mais qui veulent un enseignement catholique pour leurs enfants», a-t-il déclaré en faisant référence aux parents des enfants du niveau primaire.
Le théologien convient toutefois qu'il fallait assouplir l'ancien programme parce qu'il ne tenait pas compte de la présence des autres religions, en particulier à Montréal. À son avis, les parents devraient tout simplement avoir le droit de choisir un enseignement dans la religion de leur choix. En plus de l'éducation catholique, les cours de religion musulmane, bouddhiste ou autre seraient donnés «lorsque le nombre le justifie».Les interventions de MM. Taylor et O'Neill surviennent au moment même où des milliers d'enseignants suivent une formation intensive pour donner ce cours. Ces formations d'une durée moyenne de quatre à cinq jours sont données par plus de 400 intervenants (enseignants, conseillers pédagogiques, experts) formés par le ministère l'an dernier. D'ici la fin de l'année scolaire, 24 000 enseignants du primaire et 2300 professeurs du secondaire recevront cette formation.
En janvier dernier, l'ex-ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier déclarait au Devoir que le plus «grand défi» du nouveau cours consistait justement à «former tout le monde» et que l'implantation de cette nouvelle façon de faire allait constituer un des «moments marquants» de son passage à l'Éducation.
Interrogée à propos du degré de difficulté du programme, Stéphanie Tremblay, une porte-parole du ministère, a fait valoir que celui-ci «se compare aux autres programmes d'enseignement en ce qui a trait au volume et au contenu». Elle a ajouté qu'en janvier prochain, le ministère mettra à la disposition des enseignants un site Web avec des mises en situation, des compléments d'information et des liens vers des sites Web pertinents.
Président de la Fédération québécoise des directeurs d'établissements d'enseignement (FQDE), Serge Morin ne s'inquiète pas outre mesure de la capacité des enseignants à relever ce défi. «C'est certain que ce n'est pas toujours évident, mais ça ne l'était pas plus avec les cours d'enseignement religieux et moral. Être neutre, ce n'est pas toujours facile, mais à quelque part [sic], on ne peut pas faire enseigner ces matières par des machines.» Il a ajouté que le programme vise justement à donner aux jeunes suffisamment d'information pour qu'ils puissent forger leurs propres opinions. «Ce n'est peut-être pas grave que l'enseignant teinte ses propos dans la mesure où les informations qui ont été transmises à l'élève lui permettront de s'en rendre compte.»
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Où sont passées les données empiriques ? - par roger girard (roger.girard.1@ulaval.ca)
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A monsieur Charki - par Albert Descoteaux
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Former les esprits et donner un peu de culture! - par gilles delisle (gilles-delisle@videotron.ca)
Le jeudi 01 novembre 2007 08:00

