Bagdad veut couper l'approvisionnement du PKK - Ankara adopte des mesures qui visent le Kurdistan irakien

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AFP , Reuters
Édition du jeudi 01 novembre 2007

Mots clés : Irak, PKK, Forces armées, Kurdistan (région), Turquie (pays)

Des soldats turcs commençaient hier une patrouille dans la province de Sırnak.

Photo: Agence Reuters

L'armée turque a affirmé hier avoir tué 15 rebelles kurdes dans le sud-est de la Turquie alors que le gouvernement a annoncé l'adoption de mesures contre les «associés» des séparatistes, désignant à mots couverts l'administration kurde irakienne, accusée de les soutenir.

Lors d'opérations menées avec le soutien de l'artillerie et d'hélicoptères de combat, 15 militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués depuis lundi aux abords du mont Cudi, dans la province de Sõrnak, frontalière de l'Irak, a annoncé l'état-major. L'armée a aussi confirmé trois morts dans ses rangs et que des heurts s'étaient produits mardi à Hatay (sud) et Bingöl (est), sans faire de victimes.

À Ankara, le vice-premier ministre et porte-parole du gouvernement Cemil Çiçek a annoncé après près de sept heures de conseil des ministres l'adoption de «mesures simultanées militaires, politiques, diplomatiques et économiques» visant non seulement le PKK mais aussi «ses associés, ceux qui l'aident et qui le couvrent».

M. Çiçek, qui n'a pas voulu donner de précisions sur la nature de ces mesures, a fait implicitement référence à l'administration de la région autonome kurde irakienne, qu'Ankara accuse de tolérer sur son territoire et de soutenir les rebelles.

Mardi soir, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà violemment critiqué le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani. «Ce qu'ils [les hommes de Barzani] font là-bas consiste tout simplement à couvrir l'organisation terroriste», en l'occurrence le PKK, qui a tué 12 soldats turcs et en a fait huit autres prisonniers le 21 octobre, a-t-il déclaré.

Interrogé à propos de l'éventuelle instauration d'un blocus économique contre le Kurdistan irakien, une hypothèse préconisée la semaine dernière par le Conseil de sécurité nationale (MGK) turc, M. Çiçek a appelé à la retenue. «Il nous faut peser le pour et le contre de chacune de ces mesures, car si elles frappent des innocents, elles feront le jeu de l'organisation terroriste», a-t-il dit.

Le commerce transfrontalier avec le Kurdistan irakien est une des principales ressources des habitants, en majorité kurdes, du sud-est de la Turquie, une des régions les plus pauvres du pays.

La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice s'entretiendra avec les dirigeants turcs demain à Ankara pour tenter de les dissuader de lancer une opération contre les bases du PKK dans le nord de l'Irak.

De leur côté, les autorités irakiennes ont mis en place de nouveaux barrages pour restreindre les déplacements des séparatistes kurdes et interrompre leur approvisionnement, a annoncé hier le ministre irakien des Affaires étrangères, Hochiar Zebari.

«Il y a une augmentation du nombre de barrages pour empêcher l'approvisionnement du PKK en nourriture et en carburant. Des mesures ont été prises pour les empêcher d'atteindre des villes peuplées», a déclaré Zebari lors d'une conférence de presse.

Le ministre a par ailleurs déclaré, après avoir rencontré son homologue iranien, que des efforts «intensifs» étaient menés pour obtenir la libération de huit soldats turcs enlevés par les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) au début du mois.

Lors de ses discussions avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, Zebari a mis en garde contre «les graves conséquences en cas d'incursion militaire d'envergure des forces militaires turques dans le nord de l'Irak. Cela aura des conséquences sur l'ensemble de la région».

«Nous avons bon espoir de trouver une issue à cette affaire, car les discussions, qui ont lieu par le truchement d'intermédiaires, ont atteint un stade avancé», a-t-il dit.


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