Les législatives en Russie - Moscou réduit le nombre d'observateurs étrangers
Mots clés : observateurs étrangers, Élection, Russie (pays)
Moscou -- Moscou a grandement réduit la mission d'observation de l'OSCE aux législatives russes du 2 décembre, renforçant ainsi les inquiétudes de l'organisation quant à un suivi sérieux du déroulement du scrutin.
Aux précédentes législatives en 2003, Moscou avait convié quelque 1200 observateurs internationaux, dont 399 pour le seul BIDDH, 88 pour l'Assemblée parlementaire de l'OSCE et 28 pour l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
«Nous avons reçu une invitation dans une forme sans précédent, car elle met des restrictions sur l'ampleur de notre mission d'observation», a affirmé la porte-parole de l'OSCE chargée des élections, Urdur Gunnarsdottir.
Ces restrictions «pourraient sérieusement limiter la possibilité d'une observation significative selon la méthodologie habituelle que nous employons pour les missions d'observation d'élections à grande échelle», a-t-elle ajouté.
Washington s'est également dit «inquiet et déçu» par la décision russe. «Nous voulons évidemment voir se tenir en Russie des élections libres et justes, et nous sommes inquiets et déçus devant le caractère tardif et les conditions mises aux invitations» adressées par la Russie aux observateurs étrangers, a dit la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé pour sa part qu'«aucune restriction violant les engagements de la Russie au sein de l'OSCE n'avait eu lieu». «La Russie remplira tous ses engagements», a-t-il assuré lors d'une rencontre avec des correspondants étrangers.
«Quatre cents observateurs pour 95 000 bureaux de vote, c'est une apparence d'observation. La Russie bloque de facto la mission» des observateurs, estime Lilia Chibanova, de l'ONG russe Golos qui surveille le déroulement des élections en Russie depuis 2000.
«La Russie veut montrer qu'elle n'a pas besoin d'observateurs. Elle les autorise, mais contrôlera elle-même leur format», commente également Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russie dans la politique mondiale.
En réduisant cette mission, Moscou poursuit néanmoins sa croisade contre une organisation qu'elle accuse de partialité dans les pays de l'ex-URSS et qu'elle a dans le collimateur depuis plusieurs années.
La Russie a accentué sa campagne contre l'OSCE après les législatives de 2003, que l'organisation européenne avait critiquées.

