Énoncé budgétaire - L'opposition critique mais ne renversera pas le gouvernement

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La Presse canadienne
Édition du mercredi 31 octobre 2007

Mots clés : baisse de la TPS, Énoncé budgétaire, Gouvernement, Économie, Canada (Pays)

Québec laissera ses contribuables profiter de la baisse de la TPS

Ottawa -- Les trois partis d'opposition ont dénoncé vivement le minibudget conservateur dévoilé hier, déplorant le choix du gouvernement de baisser la TPS et les impôts des particuliers plutôt que de consacrer cette somme d'argent à d'autres priorités. De son côté, Québec a annoncé qu'il ne touchera pas au point de TPS libéré par Ottawa.

Bien qu'ils critiquent la série de mesures fiscales du gouvernement, les libéraux de Stéphane Dion se voient obligés de laisser encore une fois la vie sauve au gouvernement conservateur en refusant de le renverser lors d'un vote de confiance.

En déposant son énoncé budgétaire, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a indiqué que les motions de voies et moyens, qui prévoient la mise en oeuvre des mesures, seront mises aux voix dès cet après-midi.

Comme lors du vote sur le discours du Trône la semaine dernière, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont indiqué qu'ils s'opposeraient au gouvernement lors du vote. La survie du gouvernement repose donc, pour une deuxième fois en autant de semaines, entre les mains du Parti libéral.

La baisse d'un point de pourcentage de la TPS a beau être dépeinte par les libéraux comme le pire des allégements fiscaux, les troupes de M. Dion savent bien qu'il serait difficile de justifier le renversement du gouvernement sur cette question, une baisse qui sera sûrement accueillie avec bonne humeur par les électeurs.

Hier, le chef libéral n'expliquait pas les choses de cette façon. «Je sais très bien ce que le gouvernement veut faire. Il veut présenter les choses comme un choix entre la baisse de la TPS ou pas de baisse de TPS», a fait valoir M. Dion.

Il faudrait plutôt se demander «quelles mesures sont les plus efficaces pour le Canada, et la baisse de la TPS ne doit pas être de ces mesures», a-t-il poursuivi.

Seule note positive, le chef libéral croit que les baisses d'impôt pour les particuliers et les entreprises sont de bonnes nouvelles, d'autant plus qu'elles ramènent les contribuables à la fin de 2005, soit lorsque le gouvernement libéral avait présenté des allégements fiscaux que les conservateurs avaient renversés lors de leur arrivée au pouvoir.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, diverge d'opinion quant à la validité de ces baisses d'impôt pour les particuliers, qui favorisent ceux qui gagnent de bons salaires. «Tous ceux qui ont perdu leur emploi, les gens de Norsk Hydro, les gens en forêt, je ne vois pas en quoi ça va les aider énormément», a argué M. Duceppe, qui estime que le gouvernement aurait dû profiter de son énoncé économique pour venir en aide aux secteurs les plus malmenés de l'économie.

Même au plan des allégements pour les entreprises, le gouvernement conservateur cible mal les priorités, croit M. Duceppe, qui aurait souhaité qu'on appuie l'industrie forestière et le secteur manufacturier, deux secteurs en crise. «Les baisses d'impôt des compagnies ne sont pas ciblées. Les pétrolières peuvent en profiter, mais les compagnies qui sont en difficulté présentement, qui ne font pas de profit, ne paient déjà pas d'impôt. [...] Il y avait moyen d'intervenir», a indiqué le chef bloquiste.

Son vis-à-vis du NPD, Jack Layton, a tenu des propos similaires.

À Québec, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a indiqué clairement que Québec renonçait d'emblée à récupérer à son compte la baisse d'un point de TPS annoncée par son homologue fédéral.

On estime que le gouvernement québécois aurait pu, en occupant ce champ de taxation laissé vacant par Ottawa, grâce à une hausse correspondante de la TVQ, ajouter 1,3 milliard par année dans ses coffres.

Québec avait fait de même quand le gouvernement Harper avait annoncé une première baisse de la TPS, qui était alors passée de 7 à 6 %.


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