Le développement durable reste un concept vide

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La Presse canadienne
Édition du mercredi 31 octobre 2007

Mots clés : développement durable, Gouvernement, Canada (Pays)

Ottawa -- Expression à la mode que l'on retrouve dans les discours des politiciens depuis plus de 10 ans, le concept de «développement durable» a toujours peu d'impacts réels sur les actions et les décisions des ministères fédéraux, se désole le commissaire à l'environnement dans son rapport déposé hier.

Ron Thompson brosse un portrait peu reluisant des efforts du gouvernement fédéral, au cours de la dernière décennie, pour instaurer au sein des ministères une véritable préoccupation pour un développement durable.

Ce concept vise à appliquer une grille d'analyse à toutes les actions et décisions des ministères afin de prendre en considération les liens entre la croissance économique, le développement humain et la protection de l'environnement.

Ainsi, comme le constate le commissaire, les ministères fédéraux doivent produire depuis 1995 un rapport énonçant leurs objectifs de développement durable tous les trois ans.

«En 12 ans et quatre séries de stratégies de développement durable plus tard, l'approche adoptée par le gouvernement pour traduire ses intentions en gestes concrets n'a pas donné les résultats escomptés», peut-on lire dans le rapport du commissaire Thompson.

«À notre avis, la préparation et le dépôt des stratégies ne sont plus qu'un simple exercice mécanique dont l'objectif est de remplir une obligation prévue par la loi», fait-on observer dans le rapport.

On y cite l'exemple de Santé Canada, qui s'est engagée dans son plus récent rapport à améliorer la sécurité de l'approvisionnement alimentaire en révisant ses lignes directrices et l'étiquetage exigé pour certains aliments. Malgré quelques développements, le ministère tarde à mettre en oeuvre ces engagements et il n'a toujours pas élaboré de nouvelles lignes directrices sur l'évaluation de la salubrité des aliments nouveaux dérivés d'animaux et de poissons.

Selon le commissaire à l'environnement, le problème relève du gouvernement en entier, qui n'a pas donné d'orientations générales précises.

En 1992, lors du Sommet de la Terre de Rio, le Canada s'engageait à produire une stratégie fédérale de développement durable. Quinze ans plus tard, cette stratégie demeure inexistante et il n'y a aucun plan pour en produire une.

En réponse au rapport, le gouvernement s'est engagé à mener un examen approfondi, d'ici octobre 2008, pour améliorer la situation.


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