Q400: pas de panique, dit Bombardier
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SAS retire 27 appareils après l'atterrissage en catastrophe de Copenhague
À la suite d'un autre atterrissage en catastrophe samedi dernier à l'aéroport de Copenhague et de la décision de la compagnie aérienne scandinave SAS de cesser «en permanence» l'exploitation de sa flotte de 27 appareils Q400, Bombardier aéronautique qui est le constructeur de ces avions biturbopropulseurs demeure serein et stoïque devant cette situation embarrassante.Des incidents depuis ce printemps
Cela étant dit, il y a quand même eu une série d'incidents d'atterrissage avec ces appareils depuis le printemps dernier. En mars, un Q400 d'une compagnie aérienne japonaise, transportant 60 passagers avait atterri sur le nez, parce que son train d'atterrissage avant avait refusé de s'ouvrir. Pendant un certain temps, cette compagnie avait retiré du circuit ses 36 Q400, mais la situation semble tout à fait rétablie. Toutefois, à deux reprises en septembre, ce sont des appareils de SAS qui ont dû effectuer des atterrissages risqués à cause de défectuosités dans le fonctionnement de leur train d'atterrissage. Dans un cas, 5 des 69 passagers ont été blessés. Là aussi, les appareils ont été retirés du service pendant quelques semaines pour faire les vérifications nécessaires. Puis le service a repris normalement. Enfin, il y a eu quelques autres cas, dont celui Horizon Air qui a annulé pendant quelques jours un certain nombre de ses vols quotidiens à la suite de bris au train d'atterrissage de ses Q400.
Bombardier ne conteste pas ces faits, mais il soutient que ce sont là des cas très particuliers. Les Q400, dont le client de lancement en 2000 avait d'ailleurs été SAS, ont depuis sept ans effectué plus d'un million d'heures de vols et 1,2 million de cycles de décollages et d'atterrissages sans problèmes particuliers. Les vérifications récentes effectuées par Bombardier et Goodrich, ainsi que par les compagnies aériennes qui possèdent des Q400, confirment la fiabilité de ces équipements. Se pourrait-il qu'il y ait des lacunes dans leur entretien? Les porte-parole de Bombardier, Hélène Gagnon et Marc Duchesne, ont refusé hier tout commentaire sur une telle hypothèse.
Une confiance ébranlée
Pour sa part, le conseil d'administration de SAS s'est réuni cette fin de semaine et a décidé de ne plus utiliser les Q400. «Notre confiance envers le Q400 s'est considérablement amenuisée, et nos clients sont de plus en plus réticents à embarquer dans ce type d'appareil», a déclaré le p.-d.g., Mats Jannsson. Un porte-parole de SAS a mentionné par ailleurs que ces problèmes risquaient de porter atteinte à l'image de SAS. En revanche, on pouvait entendre sur les ondes de Radio-Canada, hier, un autre porte-parole de la compagnie scandinave déclarer que SAS avait beaucoup de respect pour Bombardier et que les discussions se poursuivaient pour trouver des solutions à ces problèmes. Au demeurant, Bombardier et Goodrich affirment collaborer pleinement avec SAS et les autorités scandinaves à la recherche des causes des incidents survenus. Avant samedi dernier, SAS avait déjà annoncé qu'elle réclamait de Bombardier un dédommagement de 77 millions. Il ne s'agit en aucune façon d'une procédure judiciaire. On peut s'attendre à ce que SAS augmente bientôt le montant de ses réclamations.
Quant à l'annonce de SAS de cesser en permanence l'utilisation de ses 27 appareils Q400, il faut comprendre sans doute qu'il s'agit d'un arrêt complet jusqu'à ce que l'on trouve les causes de ces incidents. Le prix d'achat en 2007 d'un Q400 est de 25 millions. Après sept ans d'usage, un avion est encore bon pour de nombreuses années. Il est difficilement concevable que SAS veuille se départir de ces appareils, lesquels sont très demandés avec l'augmentation importante du prix de l'essence. En fait, il y a actuellement 23 compagnies aériennes qui possèdent des Q400, et aucune d'entre elles, à part SAS, n'a l'intention de laisser ses Q400 au sol.
Pas plus tard que la semaine dernière, Bombardier a reçu deux commandes importantes. Quantas Airways d'Australie a passé une commande ferme pour 12 Q400 et pris une option sur 24 autres. Il y a eu aussi un transporteur européen, dont le nom reste confidentiel pour l'instant, qui a passé une commande ferme de 10 appareils. Depuis le lancement du Q400 en 2000, Bombardier a reçu 264 commandes fermes pour cet appareil dont 164 avaient été livrés au 31 juillet dernier.
Est-ce que les incidents concernant le Q400 depuis le printemps dernier auront un impact durable sur l'image de Bombardier, sur ses ventes et sur ses résultats financiers? Dans ce marché, Bombardier n'a présentement qu'un seul concurrent, ATR de Toulouse. «On a bon espoir que cet appareil va demeurer populaire et prisé. Et ATR? On verra bien comment ils réagiront à cela», a mentionné Hélène Gagnon, vice-présidente aux Communications de Bombardier Aéronautique. Selon les analystes, les ventes du Q400 contribuent en moyenne à environ 10 % des revenus de la division aéronautique. Parmi les propriétaires de Q400, il y a aussi Porter Airlines qui, la semaine dernière à Montréal, faisait les plus grands éloges de cet appareil, parce qu'il est économique en consommation d'essence, moins polluant, silencieux et sécuritaire.

