Et quelle horreur!, on dirait que tous ces maudits chroniqueurs angolophones ont raison--le Québec est très récemment revenu à la paranoïa antipluraliste des années passées. Le Parti québécois a évidemment décidé que la voie la plus directe au pouvoir électoral passe par l'ouverture au nationalisme discriminatoire--et voilà on se trouve dans une province doté de l'ironie d'un mouvement de gauche fort dont l'idéologie reste néanmoins ancrée dans et sur la division sociale. En même temps, les gens d'à peu près partout au Québec, dans la sagesse de la foule, et l'histoire des cinq dernières siècles fermement oublié, ont décidé que certains des droits fondamentaux de la charte doivent être suspendus parce qu'un foulard représente une ménace plus terrible à notre démocratie que la fin de certains droits démocratiques--dont la liberté personnelle et d'expression--elle-même. Mais ce qui est le plus grave à voir, c'est qu'après tout ça, des journalistes québécois qui prétend à la pertinence peuvent conclure que la vraie histoire a lieu hors du Québec et concerne un biais anglophone sur l'intolérance des Québécois--un biais longtemps supposé mais du moins cette fois-ci pleinement justifié. La xénophobie est en hausse partout, mais les autres commissions gouvernementales anti-accommodatoires sont où? Les autres lois Marois? Les autres leaders politiques provinciaux qui jour après jour refusent de calmer le débat actuel, préférant de lutter entre eux à qui va réaliser l'avantage politique?