Bédé, réalité et crème glacée

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Fabien Deglise
Édition du samedi 27 et du dimanche 28 octobre 2007

Mots clés : Sylvie-Anne Ménard, Zviane, bande dessinée, Livre, Culture, Québec (province), Montréal

C'est un petit pavé jaune et souriant qui était très attendu. Près d'un an après avoir fait une entrée remarquée dans le petit monde de la bande dessinée d'ici avec Le Point B (Monet éditeur), Sylvie-Anne Ménard, que ses fidèles connaissent désormais sous le nom de Zviane, vient une fois de plus de mettre ses tripes dans des cases. Et La Plus Jolie Fin du monde (Mécanique générale) -- c'est le titre de sa dernière création -- transforme partiellement son premier touché.

En près de 300 pages, la jeune auteure de 24 ans, issue du monde de la musique et de la composition, livre ici une série de planches élaborées entre le 3 février 2006 et le 22 mai 2007 sur son blogue (www.zviane.com). Oui, à l'image des gens de sa génération, elle ne rechigne jamais à livrer sur la Toile son intimité à ses nombreux amis et visiteurs.

De cette mise à nu en ligne, l'éditeur a conservé un assemblage de petites incursions dans le quotidien de Zviane, tantôt présentées avec un coup de crayon rigoureux, tantôt avec un style moins soutenu, qui plongent toutes dans les doutes, les petites joies et la naïveté de ce personnage attachant malgré ses idées fixes et son hyperactivité.

Il est question de composition, d'organisation de concerts, du jour où elle a remporté le premier concours québécois de bande dessinée (avec Le Point B, justement), de la fin de son bac, d'une soirée dans un resto chic, du voyage de son chum en Europe, de ses déplacements à Gatineau, alouette. Autant de petits riens que le talent de narratrice de Zviane rend forcément un peu plus intéressants qu'ils ne le sont vraiment.

Sans prétention -- sans couleur et sans constance non plus --, ce journal intime, mis en boîte et en bulles, n'offre donc au final rien de plus qu'une bonne dose d'authenticité et de fraîcheur, qui tranche certainement avec la finesse et la poésie de sa toute première création, laquelle relatait l'histoire d'Émile, un compositeur torturé qui décide d'écrire une oeuvre se jouant à quatre mains au piano pour se rapprocher d'une interprète qui fait chavirer son coeur. Mais malgré tout, l'ensemble, avec sa candeur et sa sincérité à revendre, finit par faire du bien.

***

La plus jolie fin du monde

Zviane

Mécanique générale

Montréal, 2007, 300 pages


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