La planète depuis Brundtland

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Louis-Gilles Francoeur
Édition du vendredi 26 octobre 2007

Mots clés : planète, Commission mondiale sur l'environnement, Gro Harlem Brundtland, Climat, Norvège (pays)

Photo: Agence Reuters

Au début des années 80, l'ONU avait créé la Commission mondiale sur l'environnement, présidée par la première ministre de la Norvège, Gro Harlem Brundtland. Son rapport publié en 1987, à l'origine du paradigme du développement durable, a constitué le premier bilan dressé par les humains de l'état de leur planète. Il a sonné un dur réveil à l'échelle planétaire, mais qu'en est-il 20 ans plus tard? Le bilan onusien GEO4 dresse ce bilan, dont voici les faits saillants.

Une planète en évolution

- Depuis 1987, la population mondiale a augmenté de 34 %. Le commerce international a triplé et le revenu moyen par habitant a augmenté de 40 %. Mais les pays les plus pauvres accaparent l'essentiel de la dette internationale. La mondialisation du commerce a favorisé l'introduction d'espèces invasives et un quart de toutes les maladies qui frappent les humains (cancers, maladies à vecteurs, etc.) sont le résultat du contact avec des environnements pollués ou atrophiés. Deux millions de personnes meurent prématurément chaque année à cause des pollutions de l'air intérieur et extérieur.

- Double menace en matière d'énergie: les approvisionnements en ressources s'étiolent et les dégâts causés par une consommation excessive s'aggravent. Ces problèmes soulèvent une dimension éthique fondamentale parce que les hyperconsommateurs de ressources transfèrent les impacts de leur surconsommation à ceux qui n'en profitent pas.

- En 2007, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la majorité de la population mondiale vit en milieu urbain, une déconnection culturelle de la nature sans précédent.

- Le revenu annuel d'un milliard de personnes vivant dans les pays riches dépasse de 15 fois le revenu global des 2,3 milliards de personnes les moins riches de la planète.

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La Terre

- Depuis 1987, l'expansion des terres cultivées a ralenti mais leur utilisation s'est intensifiée, leur productivité passant de 1,8 tonne à 2,5 tonnes par hectare, une cause de la dégradation des sols, source d'érosion et de contamination des cours d'eau par les engrais et les pesticides.

- Le tiers des terres de l'Europe méditerranéenne ainsi que 85 % des «terres de parcours» aux États-Unis risquent la désertification. L'irrigation des terres agricoles exige de 70 à 80 % de tous les prélèvements dans les cours d'eau.

- Un fleuve sur dix parmi les principaux fleuves de la planète n'atteint plus la mer plusieurs mois par année en raison des prélèvements en amont.

- Le bassin de l'Amazone, même s'il est toujours soumis à une déforestation intensive toutefois en voie de ralentir, risque de passer de son état humide actuel à un état sec, avec de profondes répercussions pour l'environnement. Il abrite la moitié de la biodiversité terrestre.

- Les pays en développement auront besoin de 120 millions d'hectares supplémentaires pour augmenter leur production agricole. Les deux tiers de la population mondiale dépendent des engrais pour se nourrir. L'augmentation de la population et le passage à un régime alimentaire à base de viande va exiger de multiplier par 2,5, voire par 3,5, la production agricole globale.

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Atmosphère et climat

- La température moyenne du globe a augmenté de 0,7 °C depuis 1850 et de 1,4 °C en Europe. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) prévoit une hausse de 1,8 à 4 °C d'ici la fin du siècle. Dans l'Arctique, le réchauffement se produit deux fois plus vite. Au-delà de deux degrés centigrades supplémentaires, plusieurs chercheurs pensent que le réchauffement deviendra irréversible.

- Les relevés dans les calottes glaciaires indiquent que les niveaux de CO2 et de méthane sont supérieurs à leurs niveaux de variabilité naturelle depuis 500 000 ans.

- La fonte des glaciers et la hausse des mers vont affecter à des degrés divers environ 60 % de la population mondiale qui vit à moins de 100 kilomètres des côtes. On prévoit que le relèvement des mers pourrait atteindre près d'un mètre. Si les émissions de CO2 se poursuivent au rythme actuel, GEO4 prévoit que la calotte glaciaire du Groenland fondra, ce qui pourrait hausser le niveau des mers de sept mètres.

- Malgré les progrès accomplis dans le cadre du protocole de Montréal, le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique est plus grand que jamais.

- Les pluies acides sont en régression au Canada, aux États-Unis et en Europe. Mais elles augmentent sensiblement au Mexique, en Inde et en Chine. Les niveaux d'ozone au sol (smog) augmentent dans tout l'hémisphère Nord.

- Les polluants organiques persistants ainsi que le mercure demeurent préoccupants malgré les conventions prévoyant leur élimination. 50 000 molécules différentes entrent dans les produits commerciaux et leur production devrait augmenter de 85 % d'ici 20 ans.

- Le nombre de voitures a presque doublé depuis le rapport Brundtland de 1987. Le nombre de kilomètres parcourus par l'aviation civile a augmenté de 76 % entre 1990 et 2000 alors que le tonnage maritime est passé de quatre à sept milliards de tonnes entre 1990 et 2005.

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L'eau

- Les périodes de sécheresse s'allongent autour de la Méditerranée, dans le sud de l'Afrique et dans l'Asie du Sud, rendant plus problématique la disponibilité en eau.

- Les impacts potentiels des produits d'hygiène personnelle et des produits pharmaceutiques comme les analgésiques et les antibiotiques sur les écosystèmes aquatiques et la santé publique inquiètent de plus en plus les chercheurs.

- D'ici 2025, 1,8 milliard de personnes feront face à des pénuries d'eau. D'ici là, les prélèvements d'eau devraient augmenter de 50 % dans les pays en développement et de 18 % dans le monde développé.

- L'accès à un meilleur approvisionnement en eau est passé de 78 à 82 % de la population mondiale entre 1990 et 2000 alors que le niveau d'accès à l'assainissement passait de 51 à 61 %. Mais 2,6 milliards de personnes n'ont toujours pas d'installations d'assainissement appropriées.

- Trois millions de personnes meurent chaque année dans les pays en développement, principalement des enfants, en raison de maladies hydriques.

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Biodiversité

- Quelque 60 % des «services biologiques» que les écosystèmes rendent à l'humanité sont dégradés ou utilisés de façon non viable. Les effectifs des vertébrés d'eau douce ont fondu de 50 % entre 1987 et 2003, plus vite que les espèces terrestres ou marines.

- La demande en poisson devrait augmenter de 1,5 % par année au cours de la prochaine décennie alors que les subventions ont créé des capacités de pêche qui dépassent de 250 % la productivité des océans. En 1990, les pêcheries occidentales au large de l'Afrique étaient six fois supérieures à leur niveau de 1960.

- Le rythme de disparition des espèces dépasse de 100 fois le niveau historique et ne touche pas uniquement la «mégafaune charismatique» mais aussi des millions d'humbles maillons du système vivant, aussi essentiels que méconnus.

- 80 % des pays en développement comptent toujours sur des plantes médicinales associées à des écosystèmes de plus en plus menacés. Et 80 % des nouveaux médicaments sont liés à des produits naturels ou en ont été inspirés.


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Le jeudi 01 novembre 2007 19:00

Tout un agenda ! - par Michel Thibault
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Les feuilles mortes .. - par Christian Goupil
Le mercredi 31 octobre 2007 07:00

Noé - par Christian Goupil
Le mardi 30 octobre 2007 09:00

Piteu état - par Hestelle Berthelot
Le dimanche 28 octobre 2007 18:00

Merci au nom de notre petite Planète bleue - par Breault Françoise
Le samedi 27 octobre 2007 14:00

Pourquoi sommes-nous si faibles a communiquer? - par Daniel Beaudry (dbeau@nbnet.nb.ca)
Le vendredi 26 octobre 2007 09:00

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