Le Village québécois d'antan aux couleurs de l'Halloween

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Émilie Folie-Boivin
Édition du vendredi 26 octobre 2007

Mots clés : Festival et fête, Halloween, Village québécois d'antan, Québec (province)

On peut imaginer la scène dans le noir... Photo: André Traversy

Les décorations sont installées, la citrouille est vidée. Les déguisements de Woody (du film Histoire de jouets) et de Harry Potter pendent dans la garde-robe en attendant le jour J. Les bonbons, eux... comme d'habitude, on ne les a pas encore achetés. Ne reste plus qu'à patienter jusqu'au 31 octobre pour enfin célébrer. Et si l'Halloween commençait tout de suite?

À Drummondville, le plaisir commence dans quelques heures. Jusqu'à dimanche après-midi, le Village québécois d'antan, qui célèbre cette année son trentième anniversaire, ouvre ses portes et sort ses squelettes du placard pour sa primeur automnale. Au programme de l'Halloween au Village: maisons hantées, concours de décoration de citrouilles, souper animé, friandises pour les enfants et festin gourmand pour le brunch de dimanche matin. De quoi s'en mettre plein la vue et plein la panse.

Aujourd'hui et demain, de 16h à 23h, les visiteurs -- à qui il est suggéré de se présenter vêtus de leur costume, qu'il s'agisse d'un superhéros, d'un ogre vert ou d'une princesse -- seront accueillis dans un village où les attendent les fantômes du passé.

Les bâtiments, eux, seront aussi maquillés pour l'occasion. Il n'y a pas de visite guidée, les familles pourront donc déambuler en toute liberté sur le site. Les maisons ont été parées de leurs plus lugubres atours et six d'entre elles sont ouvertes au public. Le photographe attend déjà les passants dans son atelier pour immortaliser les déguisements grâce à un cliché couleur sépia.

Pierre Derouin, directeur général du Village québécois d'antan, avoue avoir mis le paquet pour le premier Halloween dans cette contrée figée au XIXe siècle. Dans une ambiance sonore des plus glauques, la rue Principale s'animera jusqu'à l'église, où un cadavre est exposé à la lueur des chandelles. «On a des personnages assez épeurants, ça va permettre aux familles d'avoir des sensations fortes!», s'exclame-t-il. Coutellerie sanglante, personnages d'épouvante et corbillard d'origine seront de la partie avant la tombée de la nuit.

Le directeur général insiste sur l'aspect «pour tous les âges» de cette fête des Morts au village. Les gens arrivent à l'heure qu'ils veulent, que ce soit pour une balade sur le site ou pour la totale, des activités extérieures au repas. Mais il sera difficile de résister au souper puisque c'est là qu'aura lieu le party.

La fête des Morts, tradition irlandaise deux fois millénaire, prend ses racines chez les Celtes. La légende raconte que le 1er novembre, les fantômes des défunts se mêlaient aux vivants.

Afin d'acheter la paix, ces derniers se massaient aux fourneaux, puis se déguisaient avant de transporter la nourriture aux portes des villages en guise d'offrande aux spectres. Ensuite, tout le monde se réunissait pour un joyeux banquet.

Le Village québécois d'antan poursuit la tradition puisque le souper est à l'honneur ce week-end. C'est derrière les portes du Relais, la grange d'époque transformée en restaurant, que les convives, à défaut d'être cuisinés, sont invités.

Au menu se côtoient une verdure du cimetière, des escargots en cercueil et de la dinde en croix. Intrigant pour le commun des mortels. Les jeunes ont un menu plus simple, dont l'aspect farfelu réside davantage dans la composition de l'entrée et du dessert que dans le nom des plats. Quand on est enfant, de la citrouille dans une soupe et un gâteau, c'est loin d'être ordinaire!

Et un conteur qui récite des légendes épouvantables et des histoires de chasse-galerie entre deux bouchées de porc à la Dracula, ce n'est pas chose commune non plus!

Martin Langlais, non seulement conteur pour l'occasion mais aussi accordéoniste et gigueur de métier, sera des soupers le vendredi et le samedi pour ajouter une pincée de tradition à la soirée. Question de pousser la note et de chauffer les esprits, le Village ressort également son groupe de musique trad, en congé depuis la fin de la saison estivale.

Un combo festif qui plaira aux fines gueules, qu'elles soient déguisées en loup ou en Garou.

Si, pendant l'année, le Village québécois d'antan fait voir la vie telle qu'elle était au XIXe siècle, l'Halloween qu'il présente chevauche deux époques. «C'est vraiment une activité qui conjugue le moderne et l'ancien. Je ne pense pas que l'Halloween tel qu'on le connaît est une fête qu'on célébrait beaucoup ici en 1800. Mais il y avait des superstitions, des légendes et des croyances», explique le directeur du Village.

Le porte-à-porte pour amasser des tablettes chocolatées miniatures et des chips sans gras trans n'était certes pas d'actualité au XIXe siècle.

La promenade en calèche, elle, le sera ce week-end au Village québécois d'antan. Elle sillonnera le site, pour le plus grand plaisir de Woody, des rats d'égout et des vampires.

Et même pour ceux qui auront laissé leur déguisement dans la penderie.

***

Le Village québécois d'antan, 1 877 710-0267, http://www.villagequebecois.com


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