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Des bandes de gazon ne sont pas naturelles

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Chris Strain
Envoyé Le jeudi 25 octobre 2007 15:00



En tant qu'habitant du quartier, aussi bien qu'un passionné des aires urbaines en général, les réaménagements de l'échangeur jusqu'ici ne m'impressionnent pas trop. Bien sûr, la démolition des viaducs et structures routiers est une amélioration, mais en les remplaçant par des vastes bandes de gazon sous le titre de la «nature», on ignore à la fois la nature humain de vivre ensemble dans les sociétés, aussi bien que la «vraie» nature, celle qui n'a pas été conceptualisée par un comité, mais qui se trouve plutôt déjà existante et menacée par la prochaine vague de développement suburbain, poussé en partie par les échecs aux coeurs des villes, qui deviennent à la fois moins vivants, moins valorisés, et moins sécuritaires, grâce en partie à cette insistance.

Il existe déjà un grand parc, évidemment, donc les bandes de gazon n'ajoutent pas beaucoup à la diversité de fonctions dans le quartier. Peu de gens, j'imagine, seraient attirés à les visiter, et ceux qui doivent les traverser seraient, à cause de l'immensité (et monotonie) de l'espace, plus enclins à les éviter soit par autobus ou voiture privée. À quoi ça sert, hors des décorations pour les motoristes qui sont réconfortés par un paysage semblable à celui de chez eux? Les viaducs avaient aussi des arbres.

Si on envisage de construire un tramway le long de l'avenue du parc, rappelons que la viabilité économique d'un moyen de transport est fonction de la densité des aires desservies. Pour un bon exemple, vous êtes invités à explorer les alentours de la station Acadie, où j'étais hier, en face de laquelle on trouve des stations-service, stationnements, centres commerciales à faible densité... Dans une ère où le pétrole devient plus rare et son prix augmente, construire nos villes à une échelle qui ignore l'humain deviendra coûteux non seulement sur le plan social, mais aussi économique.

La plupart de ces pensées ne sont pas très originaux, mais doivent beaucoup à Jane Jacobs qui, comme moi, a quitté son pays natal pour s'installer dans une société où la pensée populaire est plus compatible avec l'idée de la société elle-même.

Je pensais de déposer mes suggestions lors de la consultation publique. Finalement je ne l'ai pas fait, mais je trouve que cette proposition est meilleure que celles j'aurais faites (un carré public ou des bâtiments de trois étages, par exemple). Même si l'arrondissement persiste dans sa vision d'aménagement urbain anti-urbaine dans ce coin particulier, les pressions économiques, j'imagine, pousseraient éventuellement vers le développement de ces terrains. Espérons que les plans seront aussi bons à l'avenir!

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