L'affaire Arar: une erreur, dit Rice
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Les États-Unis n'ont toutefois pas l'intention de présenter d'excuses

Photo: Agence Reuters
«Des préoccupations ont été exprimées et, franchement, certaines d'entre elles étaient justifiées», a indiqué Mme Rice, qui témoignait devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants.
«Pas sur notre prétendu désir d'envoyer quelqu'un là où il pourrait être torturé, a-t-elle ajouté. Ce n'est pas le cas. Nous essayons absolument de nous assurer que cela n'arrivera pas.»
«Mais notre communication avec le gouvernement canadien a été loin d'être parfaite. Elle a été en fait très imparfaite», a-t-elle reconnu.
Mme Rice a refusé de parler de torture dans le cas de M. Arar. «Je sais qu'il y a eu des accusations», s'est-elle contentée de dire.
À un parlementaire qui lui demandait si les États-Unis s'étaient fiés à des assurances diplomatiques de la Syrie voulant que le ressortissant canadien ne serait pas torturé, elle a assuré avoir oublié les détails de l'affaire.
«Ma mémoire personnelle sur certains détails de cette affaire a un peu faibli», a-t-elle déclaré, promettant à l'élu de lui donner plus d'informations ultérieurement.
Certains élus de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants ont présenté la semaine dernière leurs excuses à Maher Arar pour «le rôle du gouvernement américain dans cette erreur tragique».
M. Arar a été arrêté en septembre 2002 lors d'une escale à New York entre la Tunisie et le Canada. Décrit par erreur comme un «extrémiste islamiste» par les autorités canadiennes, il avait été envoyé contre son gré en Syrie, où il avait été emprisonné pendant plus d'un an.
Après des années d'enquête, une commission canadienne a lavé M. Arar de tout soupçon de terrorisme et le gouvernement canadien lui a présenté ses excuses et offert un dédommagement de quelque 11 millions de dollars.
En réponse aux commentaires de Mme Rice, Maher Arar s'est félicité dans un communiqué que «l'administration américaine ait pris la décision encourageante de reconnaître que [son] affaire avait été mal gérée».
«Je soutiens pleinement le travail important des commissions du Congrès qui tentent d'enquêter sur cet extraordinaire programme de détentions secrètes», a-t-il ajouté.
Les États-Unis ont refusé les demandes d'Ottawa pour que les noms de M. Arar et de sa famille soient retirés de la liste américaine de surveillance des personnes soupçonnées de terrorisme.
À Ottawa, en après-midi, Stephen Harper s'est levé en Chambre lors de la période des questions pour déclarer qu'il était encouragé par les commentaires de Mme Rice et qu'il espérait que le gouvernement américain poserait bientôt les gestes qu'il faut.
Il n'a pas voulu dire lesquels, pas plus que son ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier. Celui-ci a préféré fuir les micros et les caméras à sa sortie de la Chambre des communes, disant qu'il expliquerait la position de son gouvernement une fois que son premier ministre en aurait dit davantage.
Les partis d'opposition, eux, réclament que Washington retire au moins l'interdiction de voyager qui pèse toujours sur Maher Arar, une exigence répétée par les libéraux et le NPD, hier après-midi. De son côté, Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, a ajouté que Washington devrait offrir des excuses formelles à Maher Arar.

