Israël s'apprête à réduire l'alimentation de Gaza en électricité

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Reuters
Édition du jeudi 25 octobre 2007

Mots clés : Gaza, électricité, Énergie, Palestine (pays), Israël (pays)

Jérusalem -- Les autorités israéliennes ont annoncé hier leur intention de réduire progressivement l'alimentation électrique de Gaza en représailles à la poursuite des tirs de missiles palestiniens sur le sol israélien.

Selon les chiffres palestiniens et israéliens, la bande de Gaza consomme 200 mégawatts, dont 120 sont directement fournis par l'État juif, 17 proviennent d'Égypte et 65 sont produits par une centrale électrique locale.

«Nous prévoyons de réduire considérablement les deux tiers du courant fourni par Israël, ce qui prendra plusieurs semaines», a déclaré à la radio de l'armée le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnaï.

À la suite du tir d'une quinzaine de nouvelles roquettes mardi, dont une a frappé un appartement habité, un comité du ministère de la Défense s'est réuni pour discuter de mesures de rétorsion. Le comité, qui comprend des juristes, a recommandé, selon Vilnaï, de «débrancher les lignes progressivement» afin d'éviter tout problème humanitaire, dans les hôpitaux notamment.

Ses propositions seront soumises aujourd'hui au ministre de la Défense, Éhoud Barak, qui est habilité à les mettre en oeuvre mais qui pourrait les soumettre au cabinet de sécurité restreint afin d'en partager la responsabilité avec Éhoud Olmert.

En proclamant le mois dernier la bande de Gaza «entité ennemie», le premier ministre israélien a voulu élargir la gamme de ses options face à la poursuite des tirs de roquettes. Mais les Nations unies ont mis Israël en garde contre toute punition collective comme l'interruption de la fourniture de denrées ou de services essentiels.

La décision de couper le courant «est une forme de punition collective contre notre peuple à Gaza», a affirmé hier le gouvernement de l'Autorité palestinienne basé à Ramallah.

À Gaza, le Hamas a rappelé que «le droit international indique que les forces d'occupation doivent s'occuper des besoins des peuples occupés».

Aux yeux du Hamas, qui contrôle entièrement la bande de Gaza depuis la mi-juin, ce territoire reste occupé car Israël; s'il l'a évacué en 1975, il conserve le contrôle des frontières terrestres, aériennes et maritimes.

Mark Regev, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a présenté les mesures envisagées comme une «réponse non violente» aux attaques de missiles susceptible d'en atténuer la menace pour les citoyens israéliens.

Le Hamas a cessé de revendiquer des attaques de missiles depuis la mi-juin, mais il n'a rien fait pour empêcher les tirs des autres mouvements radicaux palestiniens.

Ces attaques sont rarement meurtrières, mais elles alimentent une psychose du côté israélien de la frontière. Israël a menacé d'envahir de nouveau Gaza si ces tirs persistaient, mais, au vu des risques en vies humaines, il s'efforce de trouver des moyens de dissuasion plus «propres» que celui-là.


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